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La recherche sur le Moyen Âge dans l’hispanisme français

Par Carlos Heusch et Jean-Pierre Jardin

Publié en ligne le 28 septembre 2006

Chère Collègue / Cher Collègue,

Chargés par le Président de la SHF de recueillir les données relatives à la recherche institutionnelle des hispanistes français dans le domaine médiéval et de les présenter lors des Journées d’Études de 2006, nous vous serions reconnaissants de bien vouloir répondre au questionnaire ci-dessous. L’exactitude et l’exhaustivité de notre enquête dépendent bien sûr de vos réponses ; c’est pourquoi nous vous demandons de nous fournir tous les renseignements que vous jugerez utiles, même s’ils débordent les rubriques que nous vous proposons. Vous voudrez bien, notamment, accorder l’attention nécessaire au « Nota bene » final : il s’agit, pour chaque rubrique, d’évoquer les difficultés éventuelles, les évolutions constatées ou souhaitées, les solutions envisagées pour l’avenir, etc. Nous vous précisons que cette enquête, se limitant aux aspects institutionnels, ne porte pas sur les contenus scientifiques, les domaines spécifiques, les types d’approches, les méthodes, les résultats, etc. D’avance, nous vous remercions très sincèrement de votre précieuse collaboration.

Bien cordialement,

Carlos Heusch : carlos.heusch@ens-lsh.fr

Jean-Pierre Jardin : jardin.jean-pierre@wanadoo.fr

Rapport présenté par :

Description du « laboratoire » :

  • Equipe d'accueil (ou composante d'une équipe) :

  • Unité mixte de recherche (ou composante d'une unité) :

  • Autre :

  • Place du domaine « Études médiévales » dans le « laboratoire », par rapport aux autres domaines, hispaniques ou non hispaniques :

  • Fonctionnement (séminaires, journées d’études, colloques, bibliothèque, archives, salle ou bâtiment de recherche, secrétariat, budget...) :

Relations internationales : relations formalisées avec des universités ou autres institutions européennes et internationales (conventions, partenariats privilégiés, invitations régulières, échanges d’étudiants ou d'enseignants-chercheurs, publications et séminaires croisés, co-organisation de colloques, etc.) :

Formation : lien avec les enseignements, articulation entre la recherche sur l'Espagne médiévale et les cursus universitaires :

  • Dés la Licence (mention spécifique dans les maquettes, etc.) :

  • En Master :

  • En Doctorat :

  • Intégration des jeunes chercheurs (Master, Doctorat, nouveaux docteurs) dans le dispositif de recherche (séminaires, colloques, publications, missions, mobilité…) :

  • Liens avec les Ecoles Doctorales :

Diffusion de la recherche :

  • Revues (spécifiques ou généralistes, papier ou électroniques) :

  • Collections :

  • Portée nationale ou internationale de ces publications :

  • Réseau internet :

  • Associations et autres collaborations de tout type, aux plans français, européen et américain :

Vulgarisation de la recherche :

  • Publications « grand public » :

  • Conférences, manifestations diverses :

Situation dans l’hispanisme français : vous donnerez, si vous le jugez utile, votre sentiment sur la situation actuelle des études sur l’Espagne médiévale par rapport aux autres domaines de l’hispanisme, notamment pour les points suivants :

  • Sujets de concours (CAPES et Agrégation) :

  • Recrutement des enseignants-chercheurs :

Nota bene : Pour chaque rubrique, bien pointer l'existant et le souhaitable ; les difficultés rencontrées, les solutions retenues, les souhaits pour l’avenir ; les évolutions heureuses et néfastes ; la spécificité éventuelle du domaine par rapport aux autres domaines hispaniques, et aux autres domaines non hispaniques.

Informations recueillies et présentées par Carlos Heusch (ENS LSH (Lyon))2

Se dégage des réponses obtenues que pour la moitié « sud » de la France nous assistons dans le domaine médiéval à la consolidation de quatre pôles et à l’orientation historienne d’un centre réputé de l’hispanisme médiéviste. Les 4 pôles qui se dégagent sont :

  • L’ENS LSH de Lyon avec l’équipe 5 du CIHAM qui a pu bénéficier des structures de recherche mises en place par Georges Martin, même si les nouvelles dispositions ministérielles limitant à un les rattachements possibles, lui ont été fort préjudiciables. Le départ de certains collègues vers les équipes de leur département d’origine, dans la plupart des cas absolument généralistes, est cependant compensé soit par leur nouveau statut de membre associé, soit par leur présence au sein du GDR SIREM, qui reste implanté à l’ENS LSH donnant à ce centre un dynamisme incontestable dans le domaine médiéval.

  • L’Université Toulouse 2 Le Mirail : il faut saluer l’immense travail d’Amaia Arizaleta et Daniel Baloup pour constituer un centre très dynamique, comme le prouvent la régularité du Séminaire d’Études médiévales ibériques (ex-Gemah) et la création d’une nouvelle collection appelée à devenir incontournable, consolidant ainsi la place du médiévisme au sein d’une UMR très forte, le FRAMESPA. Le domaine médiéval hispanique y est présent de façon active dans 3 de ses 7 équipes. L’équipe 7 « Al-Andalus – Hispaniae » (dirigée par Philippe Sénac) est entièrement consacrée à la péninsule Ibérique médiévale, mais avec une orientation résolument historienne et archéologique. Cette équipe et l’équipe 4 « Religion, culture, pouvoir » permettent ensemble les activités du Séminaire d’études médiévales ibériques. L’équipe 5, connue sous le nom de LEMSO, est partagée entre moyen âge et siècle d’or, sur un programme très structuré thématiquement, l’hagiographie. On attend avec impatience un développement des recrutements en médiéval au sein du département d’Espagnol (pour l’instant 1 seule MCF), l’un des plus importants de France, comme l’ont fait les historiens pour ce qui est du médiévisme hispaniste.

  • L’Université Bordeaux 3. Les 2 hispanistes totalement médiévistes (1 PR et 1 MCF) relèvent de la même EA (AMERIBER) mais dans des groupes de recherche différents en fonction de leur champ d’étude. L’ERPI a plutôt vocation à accueillir les civilisationnistes, d’où le rattachement de G. Fournès et, en outre de deux historiennes (S. Coussemacker et F. Lainé), tandis que le GRIAL, plus orienté vers l’analyse des textes, accueille M. Lacomba. Dans ce groupe le médiévisme est aussi représenté par Nadine Ly et Dominique Breton, qui ont consacré de nombreux travaux à ce domaine, ainsi que F. Bravo, pour la linguistique. Au total, en dépit des différences institutionnelles, Bordeaux dispose d’un bassin de chercheurs hispanistes médiévistes très important, auquel il faut ajouter le Pr. Patrick Henriet, du département d’Histoire qui, depuis une autre UMR, AUSONIUS, devrait aussi donner une impulsion nouvelle à ce domaine.

  • L’université d’Aix-Marseille, où la tradition de recherche médiéviste mise en place par Jeanne Battesti-Pelegrin est poursuivie par Monique de Lope. Ce pôle est toujours très actif dans les différentes activités liées à la recherche sur l’Espagne médiévale (organisation de colloques…) et dans la formation des jeunes chercheurs.

Enfin, on assiste à l’Université de Poitiers à un recentrage des activités de recherche en médiéval sur l’Histoire, constituant un pôle important et attractif dans ce domaine mais, peut-être au détriment de la littérature. Après le départ de René Pellen qui, pendant des années a été le porte-parole de l’hispanisme médiéviste poitevin, le recrutement de Charles Garcia a donné un nouveau souffle à ce domaine dans une université où il est, de longue date, très bien représenté, notamment parmi les historiens. La présence de Charles Garcia, historien consacré, même s’il appartient à la 14e section, vient renforcer le pôle poitevin d’histoire médiévale dont l’aire d’influence s’étend jusqu’à Nantes. Ainsi dans le très ancien CESCM, aujourd’hui UMR, on trouve une équipe sur la péninsule Ibérique qui regroupe des historiens comme Boisselier, Josserand, Deswarte ou Tollan, sans oublier, maintenant Garcia. Face au dynamisme de la recherche médiévistique des historiens, au sein du CESCM, les réalités du domaine médiéval dans les études d’Espagnol, de plus en plus orientées vers le LEA et le monde contemporain, semblent être bien plus préoccupantes, aux dires du rapporteur.

Pour finir, dans d’autres universités on trouve des chercheurs médiévistes réputés, comme à Pau ou à Limoges, mais qui semblent relativement isolés et contraints d’intégrer des structures assez éloignées de leur spécialité de recherche.

Rapport présenté par : Carlos Heusch

Description du « laboratoire » :

  • Unité mixte de recherche (ou composante d'une unité) : Équipe 5 « Genèse, structuration et circulation des textes et des langues dans la Romania médiévale », dirigé par Carlos Heusch, composante de l’UMR 5648 CIHAM (Histoire et Archéologie des mondes chrétiens et musulmans du moyen âge), dirigée par Denis Menjot (Lyon 2).

  • Place du domaine "Études médiévales" dans le « laboratoire », par rapport aux autres domaines, hispaniques ou non hispaniques : L’équipe 5 du CIHAM recueille grosso modo l’héritage de l’ancienne EA SEMH, même si les nouvelles dispositions ministérielles empêchant les chercheurs d’appartenir à deux structures à la fois ont conduit certains enseignants-chercheurs de l’ancienne SEMH à quitter l’équipe 5 du CIHAM pour rejoindre la structure de leur université de rattachement. L’équipe 5 compte aujourd’hui 8 membres à part entière (dont 4 hispanistes) et 11 membres associés (dont 10 hispanistes, anciennement au SEMH). L’hispanisme constitue le pôle principal de l’équipe, suivi de très près par celui des francisants littéraires (3 membres). Cela donne à l’équipe 5 une nette orientation vers l’analyse des textes et des langues au moyen âge, comme l’indique son intitulé. De plus, cette structure permet de fédérer, au sein de l’ENS LSH, la recherche médiévistique dans ses principaux domaines (notamment littérature et histoire), pour ce qui est de la logistique et des moyens. Enfin, la recherche dans le domaine médiéval hispanique au sein de l’ENS LSH est très fortement dynamisée par la présence sur place du GDR SIREM, dirigé par Georges Martin, qui regroupe la plupart des enseignants-chercheurs hispanistes médiévistes des universités françaises et un nombre considérable de collègues espagnols. Aux activités organisées par le CIHAM s’ajoutent donc celles directement organisées à l’ENS LSH par le GDR SIREM créant une synergie et une dynamique des plus profitables pour la médiévistique hispaniste en France. Dans le même esprit, des contrats spécifiques obtenus par G. Martin, comme le CPER sur la traduction de la IIe Partida d’Alphonse X ont su consolider ce dynamisme, faisant du centre de l’ENS LSH l’un des pôles d’excellence en France de ce domaine.

  • Fonctionnement (séminaires, journées d’études, colloques, bibliothèque, archives, salle ou bâtiment de recherche, secrétariat, budget...) : La programmation de l’équipe 5 pour le prochain quadriennal inclut diverses opérations dans le domaine médiéval hispanique :
    a) recherches sur les sources historiographiques et juridiques et leur influence dans la représentation du pouvoir dans la Castille médiévale ;
    b) programme sur la translation et la normalisation linguistique au moyen âge ;
    c) programme sur le statut de l’œuvre médiévale et les pratiques d’écriture (exemplarité, théories médiévales de la littérature).
    La réalisation de ces programmes implique la tenue de séminaires, journée d’études et colloques, généralement à l’ENS LSH mais aussi à l’extérieur (USA et Espagne). Le rythme moyen est d’un séminaire régulier (Séminaire d’Études hispaniques médiévales de l’ENS LSH, 4-5 séances) et d’au moins un colloque international ou journée d’études annuels sur l’un des programmes cités. En accord avec les pratiques de l’ENS LSH les moyens bibliographiques des centres de recherche sont mutualisés dans une Bibliothèque de recherche sise dans le bâtiment de la recherche de l’ENS LSH. Dans ce bâtiment, l’équipe dispose de locaux, notamment des bureaux d’enseignements, un bureau pour les doctorants et un bureau pour les professeurs invités. L’équipe dispose également d’un secrétariat mutualisé avec d’autres équipes d’autres UMR présentes à l’ENS LSH. En outre l’équipe bénéficie du secrétariat et des moyens humains présents dans le siège central de l’UMR à l’Université Lyon 2. C’est de là qu’est géré, par exemple, le site web de l’UMR et donc de l’équipe 5. Le budget est accordé par le conseil de laboratoire en fonction des demandes de subvention pour des opérations spécifiques. Le petit budget de fonctionnement pour les locaux de l’ENS relève d’un financement ministériel.

Relations internationales : relations formalisées avec des universités ou autres institutions européennes et internationales (conventions, partenariats privilégiés, invitations régulières, échanges d’étudiants ou d’enseignants-chercheurs, publications et séminaires croisés, co-organisation de colloques, etc.) : À travers les services des RI de l’ENS LSH il existe des accords institutionnels avec les universités suivantes : UC Berkeley, U Salamanque, U Saragosse, UA Barcelone, UA Madrid, U Complutense (Historia) et, dans une moindre mesure, U Séville et U Cordoue. Ces accords se traduisent par l’échange d’étudiants et d’enseignants-chercheurs, notamment dans le domaine médiéval. Il existe des conventions pour des postes de lecteurs avec Barcelone et Murcie. Un accord est en cours de finalisation avec Salamanque dans ce sens. Des opérations scientifiques communes ont été réalisées ou sont prévues avec Berkeley, Salamanque et l’Instituto de Historia du CSIC (Madrid).

Formation : lien avec les enseignements, articulation entre la recherche sur l’Espagne médiévale et les cursus universitaires :

  • En Master : L’ENS LSH est diplômante à partir du Master seulement. Le Moyen Âge a une part importante dans la maquette du Master d’Études hispanophones, aussi bien en M1 (10 ECTS sur 50) qu’en M2 (5 ECTS sur 30) et, proportionnellement, il s’agit sans doute d’un des masters qui offre le plus d’enseignements dans le domaine médiéval hispanique. À cela il faut ajouter la participation active des masterants aux séminaires et aux colloques. Dès l’an prochain, de nouveaux enseignements méthodologiques de formation à la recherche créeront une synergie supplémentaire entre ce cursus et ce domaine de recherche (cf. les modules « outils de la recherche » et « pratiques de la recherche »). De plus, les enseignements du Master Études hispanophones portant sur le moyen âge sont ouverts aux inscrits aux Master d’Histoire médiévale de Lyon 2 et de l’ENS LSH. Au public traditionnel d’hispanistes s’ajoute donc aussi celui des historiens médiévistes travaillant sur des sujets en rapport avec la péninsule Ibérique.

  • En Doctorat : L’ENS LSH propose un cursus de doctorat dans le domaine des études hispanophones médiévales pour des thèses préparées sous la direction de Carlos Heusch ou d’un autre directeur de recherche reconnu par l’école (comme par exemple Georges Martin). Ces études doctorales dépendent pédagogiquement de l’ED Humanités et Sciences humaines de Lyon 2 et scientifiquement de l’UMR CIHAM. Cette structure permet une complète intégration des jeunes chercheurs dans le dispositif de recherche. Les jeunes chercheurs peuvent prendre part activement à toutes les activités du laboratoire et font leur recherche prioritairement dans les locaux du CIHAM à l’ENS (un bureau avec 2 postes de travail équipés) ; ils participent à l’organisation des colloques et sont sollicités par le comité de rédaction des publications du laboratoire. Enfin ils peuvent obtenir aussi bien auprès de l’ED que du laboratoire jusqu’à 2 missions.

  • Liens avec les Ecoles Doctorales : Voir ci-dessus.

Diffusion de la recherche :

  • Revues (spécifiques ou généralistes, papier ou électroniques) : L’équipe 5 du CIHAM finance en grande partie (avec le GDR SIREM) la revue Cahiers d’Études hispaniques médiévales (ex-Cahiers de Linguistique et de Civilisation hispaniques médiévales), dirigée par G. Martin et C. Heusch, qui verra bientôt paraître son 29e numéro. Il est actuellement question de mettre en ligne les articles des numéros parus il y a plus de deux ans. Par ailleurs, vient d’être décidée par le Conseil scientifique de l’ENS LSH la transformation en revue électronique de l’ancienne revue Atalaya. Le fonds publié sera bientôt accessible en ligne. La nouvelle revue complètement et exclusivement électronique aura une plus grande portée puisqu’elle devient revue d’études médiévales romanes et non plus uniquement hispaniques, en accord avec ce qui était déjà une tendance de l’ancienne revue et avec l’évolution du laboratoire.

  • Collections : Après 2006, la collection Annexes des Cahiers de Linguistique et de Civilisation hispaniques médiévales ne connaîtra pas de nouvelles parutions. À la place est à l’étude la création d’une nouvelle collection de monographies dans le domaine hispanique médiéval qui serait financée par l’équipe 5 du CIHAM et ses éventuels partenaires.

  • Portée nationale ou internationale de ces publications : Les Cahiers ont une portée internationale qui n’est plus à prouver, comme en témoignent les statistiques de citation et les nombreux échanges avec d’autres revues étrangères.

  • Réseau internet : Les activités de l’équipe 5 du CIHAM apparaissent dans le réseau internet à travers le site de l’UMR mais aussi le portail de l’ENS LSH. Grâce à ce dernier, la captation audiovisuelle de tous les colloques organisés à l’ENS LSH par le CIHAM ou le SIREM sont en ligne et consultables librement depuis n’importe quel poste informatique.

Situation dans l’hispanisme français : vous donnerez, si vous le jugez utile, votre sentiment sur la situation actuelle des études sur l’Espagne médiévale par rapport aux autres domaines de l’hispanisme, notamment pour les points suivants :

  • Sujets de concours (CAPES et Agrégation) : On doit se réjouir de la présence d’une question 100% médiévale après un vide de plusieurs années en la matière. On doit aussi se réjouir de son maintien sur 2 ans. La création d’une 5e question au programme devrait être l’occasion d’une plus grande structuration des programmes (comme c’est le cas dans d’autres disciplines) tendant à entériner la nécessité d’une question médiévale (soit en littérature, soit en civilisation, une alternance qui pourrait se faire avec le siècle d’or) au moins à l’Agrégation.

  • Recrutement des enseignants-chercheurs : De cette structuration nouvelle rendant quasiment systématique la présence d’une question médiévale à l’Agrégation naîtrait sans doute un plus grand soin des commissions de spécialistes au moment de recruter un maximum de spécialités de recherche. Malheureusement il est encore trop courant de voir que des universités doublent ou triplent les maîtrises de conférence dans un domaine spécifique, au nom d’une logique de labo interne ou d’affinités personnelles, alors que des secteurs fondamentaux – comme le moyen âge, ou même le siècle d’or – ne sont pas encore couverts. Le comble de la mauvaise foi est que parfois ceux-là même qui n’ont pas voulu recruter un médiéviste dans leur département évoquent l’exiguïté de leurs moyens et l’absence de médiéviste dans les « petites facs » pour remettre en question une proposition de question médiévale au concours. Espérons que le maintien des choix du jury de l’Agrégation et du CAPES fera évoluer les choses.

Réponse de Monique de Lope : « j'ai déjà envoyé pour ma part cette réponse à d'autres collègues qui m'ont sollicitée à ce propos. »

Rapport présenté par : Geneviève Champeau

Description du « laboratoire » :

  • Equipe d’accueil : Les chercheurs médiévistes de Bordeaux 3 sont réunis dans le groupe de recherche ERPI (Équipe de recherche sur la péninsule Ibérique), composante de l’EA 3656 AMERIBER qui regroupe tous les hispanistes de Bordeaux 3. Ce groupe réunit, sur critère territorial, des littéraires, des civilisationnistes et deux historiens (appartenant au département d’histoire de la même université), du moyen âge à nos jours ! L’ERPI est un jeune groupe de recherche qui a été crée en raison de la disparition de l’UMR TEMIBER. Il a commencé à fonctionner en 2003. Bien que l’interdisciplinarité soit au goût du jour, genre de regroupement qui ajoute à la diversité disciplinaire (littérature, arts et histoire), la diversité des époques est loin d’être facile à gérer. D’autres collègues, littéraires, intervenant sur l’époque médiévale (N. Ly, F. Bravo, D. Breton) sont rattachés à un autre groupe de recherche de la même EA : le GRIAL ‘Groupe de recherche interdisciplinaire d’analyse littérale’. Les membres peuvent intervenir dans plusieurs groupes, selon les programmes, tout en étant rattachés officiellement à un seul. C’est ainsi que Marta Lacomba, médiéviste, relevant du GRIAL, participe aux travaux de l’ERPI. (Au sein d’AMERIBER il existe aussi 2 équipes d’américanistes, l’ERSAL et le CARISPH, spécialisé dans la Caraïbe). AMERIBER ne comprend que des enseignants-chercheurs travaillant sur la péninsule Ibérique et l’Amérique Latine (des hispanistes et deux historiennes du département d’histoire de Bordeaux 3, médiévistes). Elle bénéficie pour l’instant d’un budget confortable. La bibliothèque de l’UFR « Institut d’études ibériques et ibéro-américaines » est à la fois une bibliothèque pédagogique et de recherche. Il n’y a pas de personnel attaché à cette EA mais l’université met au service des équipes une structure commune, REVALED, qui apporte une aide logistique pour la préparation des manifestations scientifiques (demande de subventions, déplacements et hébergement, gestion budgétaire, diffusion de l’information au sein de l’université). Le problème que rencontre actuellement l’équipe concerne les locaux. Une partie des bureaux de l’ancienne UMR, dans la Maison des Pays Ibériques, devrait lui être attribuée, mais le règlement de la question tarde à venir. En attendant, la cinquantaine de membres de l’équipe ne disposent d’aucun local propre et n’ont d’autre matériel que celui qui se trouve dans les bureaux des enseignants.

  • Place du domaine médiéval dans le « laboratoire », par rapport aux autres domaines, hispaniques ou non hispaniques : L’ERPI comprend actuellement 18 membres (en incluant 4 PR émérites) dont 3 travaillent sur l’Espagne médiévale (une hispaniste et deux médiévistes). Le premier colloque de l’ERPI, qui s’est tenu en mars 2006, organisé par G. Fournès et M. Lacomba (GRIAL), en collaboration avec le SIREM, portait sur l’époque médiévale (Images du pouvoir, pouvoir des images dans l’Espagne médiévale [XIIe-XVe siècles]). A l’initiative d’une collègue de l’UFR de Lettres, Joëlle Ducos, un groupe de recherche interdisciplinaire est en train de se former, qui regroupe des littéraires et des historiens. Je n’ai pas plus d’information à ce sujet mais il semble que Marta Lacomba, qui y participe, vous ait transmis cette information.

  • Fonctionnement (séminaires, journées d’études, colloques, bibliothèque, archives, salle ou bâtiment de recherche, secrétariat, budget...) : Chaque centre composant l’EA AMERIBER a son programme propre, sous un chapeau commun à l’EA. Chacun organise son calendrier de séminaires annuels (un par mois environ). L’ERPI a programmé 3 colloques entre 2006 et 2008. A cela s’ajoute un colloque commun aux quatre composantes d’AMERIBER, prévu fin 2006. L’ERPI prévoit une publication à partir des séminaires 2004-200 et la publication des actes des colloques. Littéraires, civilisationnistes et historiens travaillent sur les mêmes programmes, ce qui n’interdit pas des manifestations scientifiques plus ciblées sur le domaine de recherche d’un ou de plusieurs membres (cf. supra, colloque G. Fournès).

Relations internationales : Pour l’instant, l’ERPI n’a pas formalisé de relations internationales d’équipe à équipe. Il n’y a que des relations entre chercheurs et la participation de chercheurs étrangers aux manifestations de l’équipe ainsi que la participation de membres de l’équipe à des activités de recherche à l’étranger.

Formation : lien avec les enseignements, articulation entre la recherche sur l'Espagne médiévale (Littérature et civilisation) et les cursus universitaires :

  • Dés la Licence (mention spécifique dans les maquettes, etc.) : rien. Nous nous efforçons simplement de maintenir un équilibre Espagne / Amérique et entre les époques. Il y a toujours en L3 une question de littérature médiévale ou classique et une question de littérature américaine dans les UE obligatoires.

  • En Master : Nous avons un Master commun aux différentes langues, décliné en Spécialités selon les langues ou des groupements de langues (Master «Langues et Civilisations »). Il y a donc une mention «Etudes méditerranéenne (pour inclure l’Italien et, plus tard, peut-être, le grec moderne), ibériques et ibéro-américaines ». Rien de propre à l’Espagne médiévale.

  • En Doctorat : Il n’y a que deux PR, dirigeant des thèses sur l’Espagne médiévale : G. Fournès, spécialiste de cette époque, et N. Ly qui applique une méthode d’analyse des textes à toutes les époques.

  • Intégration des jeunes chercheurs (Master, Doctorat, nouveaux docteurs) dans le dispositif de recherche (séminaires, colloques, publications, missions, mobilité¼) : Une MCF a été recrutée ces dernières années sur l’époque médiévale.

  • Liens avec les Ecoles Doctorales : L’Ecole doctorale propose des conférences et journées d’étude des doctorants, sur des bases méthodologiques. Mais rien sur la base d’une époque.

Diffusion de la recherche :

  • Revues (spécifiques ou généralistes, papier ou électroniques) : Bulletin Hispanique. N’est pas consacré à l’Espagne médiévale, qui ne lui est toutefois pas étrangère.

  • Collections : jusqu’à présent, avec l’UMR TEMIBER, il y avait une collection Maison des Pays Ibériques. Cette collection va être reprise et prolongée dans le cadre des Presses universitaires de Bordeaux

  • Portée nationale ou internationale de ces publications :  Internationale (en ce qui concerne la revue)

  • Réseau internet : AMERIBER possède un site internet. Nous aimerions parvenir à réaliser des publications électroniques. Ce n’est pour l’instant qu’un vœu.

Situation dans l’hispanisme français :

  • Recrutement des enseignants-chercheurs : Nous nous efforçons de couvrir tous les champs.

Compléments :

  • Remarques de Ghislaine Fournès : Je suis membre de l’ERPI (Équipe de recherches sur la péninsule Ibérique, dirigée par Geneviève Champeau), l’une des quatre composantes d’AMERIBER ; nous travaillons sur « Pouvoir et diversité culturelle », les séminaires sont réguliers, une publication est prévue pour fin 2006 (comprenant un article sur les Castigos del rey don Sancho IV). Je suis également membre d’équipes extérieures : GRIMH (Groupe de réflexion sur l’image dans le monde hispanique) de l’université Lyon II depuis novembre 1999, SEMH CLEA de Paris IV- Sorbonne depuis peu, sans oublier, même si ce n’est pas une équipe de recherches, le Séminaire interdisciplinaire de recherches sur l’Espagne médiévales (SIREM – GDR 2378 du CNRS), dans lequel je suis responsable de l’axe « iconographie ». Colloque organisé avec Marta Lacomba : « Images du pouvoir, pouvoir de l’image dans l’Espagne médiévale (XIe-XVe siècles) », SIREM-AMERIBER, 17 et 18 mars 2006. Marta et moi comptons, en plus de notre collaboration avec les historiens, organiser à Bordeaux III une journée d’études sans doute fin 2007 (thème non encore arrêté).

  • Remarques de Marta Lacomba : J'appartiens, comme Ghislaine Fournès, à l'équipe d'accueil 3656, AMERIBER. Ghislaine appartient à l'ERPI (Équipe de recherche sur la péninsule Ibérique) et moi au GRIAL (Groupe interdisciplinaire d'analyse littérale). Après un travail sur la notion de "Continu et discontinu", le GRIAL aura pour objet d'études pendant le prochain quadriennal "La fin du texte". Ce sont donc des perspectives littéraires et linguistiques qui sont abordées dans ce groupe, ce qui peut m'apporter des éléments de réflexions sur mon propre domaine.

Rapport présenté par : Anne-Marie Capdeboscq

Description du laboratoire : Pas de laboratoire spécifique pour l’hispanisme. Les enseignants-chercheurs du département d’études ibériques et ibéro-américaines sont rattachés à deux EA pluridisciplinaires : EHIC (Espaces humains et interactions culturelles) est pilotée par un PR de Littérature comparée. Les axes prioritaires sont la « géocritique », la littérature populaire, le cinéma et la francophonie. 1 des 3 PR en fait partie, 1 MCF-HDR également + 1 MCF (civilisation). CERES (Centre de recherches sémiotiques) : J’en fais partie ainsi que l’autre PR mais cette équipe coïncide presque totalement avec les orientations et intérêts de sémiotique non textuelle du département de sciences du langage. J’y représente l’hispanisme plus que le moyen âge espagnol, puisque les intérêts des étudiants de master sont majoritairement orientés sur autre chose (wabdesign, sémiotique de l’œnologie, des parfums, publicité, etc.). J’ajoute qu’il s’agit majoritairement d’étudiants étrangers (Afrique, Chine…)

Formation :

  • Cours de littérature médiévale en L3.

  • Malheureusement en M1, je suis bien obligée en séminaire d’élargir les domaines d’application de la méthodologie puisque les étudiants d’espagnol s’orientent davantage vers la civilisation contemporaine d’Espagne et d’Amérique latine. Je pense qu’il s’agit là d’une tendance générale. Cela dit, je dirige des travaux sur les « fueros » et d’autres questions médiévales.

  • Cours de CAPES/AGREGATION (cette année, bien sûr, le Libro de Buen Amor)

  • En M2, la spécialité « espagnol » n’existe pas, elle est noyée dans la spécialité LLCE (avec l’anglais et l’allemand, qui sont également en crise par rapport à la recherche). Les effets de la pluridisciplinarité (et de certains objectifs innovants) se font fortement sentir, car les séminaires sont proposés par les EA. En ce qui me concerne, j’assure un séminaire d’analyse textuelle (orientation sémiotique) vers un public non hispaniste (ou peu) : je m’occupe de traductologie.

En conclusion, les recherches sur l’Espagne médiévale se font de façon isolée et quasi furtive et, au niveau des EA et de l’ED se réduisent à un dialogue entre thésards et moi. Pour que la recherche survive dans ce domaine, il faudra que cela passe par les PRES et des partenariats avec des équipes moins diluées (plus cohérentes, plus lisibles).

Rapport présenté par : Charles Garcia

Description du laboratoire : Il existe en effet à l'Université de Poitiers le CESCM (Centre d'études supérieures de civilisation médiévale - UMR 6589), un centre qui a plus de 50 ans, sans doute l'un des plus vieux en France. L'une des équipes, qui réunit des historiens, s'intitule "Péninsule ibérique". Elle fut fondée par Philippe Sénac, aujourd'hui à Toulouse, et est actuellement dirigée par Stéphane Boisselier, spécialiste du Portugal au MA. La plupart des membres de cette équipe, actuels ou anciens, qu'ils soient à Nantes ou à Poitiers, ont participé aux activités du SIREM: S. Boisselier, Philippe Josserand, Thomas Deswarte, ou encore John Tollan. Outre cette équipe d'hispanisants, il y en a une autre que dirige Martin Aurell i Cardona, lequel a beaucoup écrit sur la noblesse de la Catalogne médiévale. Je vous rappelle, enfin, que le CESCM participe financièrement à l'organisation de la journée d'études de la SHF.

Relations internationales : À l'échelle de l'équipe: à l'époque de Philippe Sénac avec Saragosse; on s'oriente actuellement vers des relations avec l'U. de León dans le cadre du projet d'échanges "Picasso".

Formation : Les étudiants sont effectivement intégrés dans le dispositif de recherche.

Diffusion des colloques et journées d'étude : de façon ponctuelle.

Vulgarisation de la recherche : possibilité de participer à des conférences ouvertes « en ville » au grand public.

Situation dans l'hispanisme français : concours + recrutement :

  • La réalité du terrain: l'écrasante majorité des étudiants d'Espagnol, à l'échelle nationale, suit déjà un parcours du genre LEA.

  •  La réalité du discours: cette tendance devrait prendre de l'ampleur puisque tous les responsables sans exception (présidents d'université, personnel politique dans son ensemble...) souhaitent que les universités renforcent leurs liens avec les entreprises. C'est d'ailleurs l'intention clairement annoncée par le Premier Ministre.

  •  Conséquences: on n'aura pas besoin des formations « classiques » dans ces parcours, d'où la chute prévisible du recrutement des médiévistes.

Je n'ai pas de solution aux problèmes que je soulève dans le dernier point. Cependant, je reste persuadé que l'intégration des IUFM au sein de l'Université (à la rentrée 2006) va fragiliser un peu plus la formation LLCE, le "pédagogisme" galopant étouffera tout le reste, à commencer par les enseignements classiques: MA et Siècle d'Or.

Compléments : Réponse à titre personnel de René Pellen, ancien professeur à l’U. de Poitiers : Les études médiévales ne sont pas en mauvaise situation, notamment sur le plan linguistique et sur le plan historique. Les productions françaises, cependant, n'atteignent pas suffisamment les publics étrangers. On pourrait souhaiter deux types d'initiative :

  • Pour les éditeurs français (maisons d'édition, responsables de revue, etc.): mieux faire connaître leurs publications (améliorer la promotion, voire le marketing, augmenter le nombre d'échanges, etc.),

  • Pour les chercheurs français: être plus présents dans les publications étrangères; rédiger davantage d'études en espagnol.

Rapport présenté par : amaia arizaleta, concernant le Séminaire d’études médiévales ibériques de l’Université de Toulouse II (responsables : A. Arizaleta & D. Baloup)

Description du « laboratoire » :

  • Equipe d'accueil (ou composante d'une équipe) : équipes 4 « Religions, cultures et pouvoir » (direction : Sophie Cassagnes-Brouquet et Michelle Fournié) et 7 « Hispaniae » (direction : Philippe Sénac).

  • Unité mixte de recherche (ou composante d'une unité) : Framespa, UMR 5136

  • Place du domaine "Études médiévales" dans le « laboratoire », par rapport aux autres domaines, hispaniques ou non hispaniques : le domaine « Études médiévales » a une place fondamentale au sein de Framespa, pour des raisons historiques (développement des études médiévales ibériques avec P. Bonassie) et stratégiques (les médiévistes de Framespa préparent actuellement la mise en place d’un ‘Réseau’ d’études médiévales toulousaines). Du point de vue de la recherche, l’encadrement du Séminaire d’études médiévales ibériques est tout à fait satisfaisant.

  • Fonctionnement (séminaires, journées d’études, colloques, bibliothèque, archives, salle ou bâtiment de recherche, secrétariat, budget...) : un séminaire mensuel, deux journées d’étude par an, un colloque par an. Un bureau sis à la Maison de la Recherche (UTM), un budget fixe (équipes 4 et 7 de Framespa) plus un budget variable (Irpall : Institut de recherche interdisciplinaire arts, lettres, et langues).

Relations internationales : relations formalisées avec des universités ou autres institutions européennes et internationales (conventions, partenariats privilégiés, invitations régulières, échanges d’étudiants ou d’enseignants-chercheurs, publications et séminaires croisés, co-organisation de colloques, etc.) : conventions et partenariats privilégiés, invitations régulières, échanges d’étudiants ou d’enseignants-chercheurs avec les universités de Saint-Jacques de Compostelle, Salamanque, Valence, Vitoria, Valladolid, Saragosse, Grenade et Prague, ainsi qu’avec le CSIC.

Formation : lien avec les enseignements, articulation entre la recherche sur l’Espagne médiévale et les cursus universitaires : articulation informelle su Séminaire avec les enseignements du Département d’études hispaniques et hispano-américaines. Cette articulation dépend entièrement des efforts de l’enseignant et des étudiants qui travaillent avec lui (elle). Aucune mention officielle de l’existence du Séminaire n’est faite dans les programmes du Département d’études hispaniques. Il n’existe pas de passerelles entre les Masters ‘Langues romanes’ (qui englobe ce qui est fait au Département d’études hispaniques) et le ‘Master d’études médiévales : histoire, histoire de l’art et archéologie’, où le Séminaire d’études médiévales ibériques trouve entièrement sa place, en UE HIB054, destinée exclusivement aux étudiants d’histoire, histoire de l’art et archéologie.

Cela dit, la recherche sur le moyen âge hispanique se fait officiellement dans le cadre du Département d’études hispaniques de l’UTM à travers le LEMSO (Littérature espagnole médiévale et du siècle d’or).

  • Dés la Licence (mention spécifique dans les maquettes, etc.) : aucune mention du Séminaire. Enseignements optionnels du Département d’espagnol.

  • En Master : idem.

  • En Doctorat : idem

  • Intégration des jeunes chercheurs (Master, Doctorat, nouveaux docteurs) dans le dispositif de recherche (séminaires, colloques, publications, missions, mobilité…) : intégration totale mais toujours ‘marginale’.

  • Lliens avec les Ecoles Doctorales : des liens existent, avec l’école doctorale d’histoire, via les équipes 4 et 7 de Framespa, et avec l’école doctorale de lettres, via l’Irpall.

Conclusion : pour ce qui est du Séminaire d’études médiévales ibériques de l’UTM, le besoin le plus pressant est d’officialiser les liens informels entre le Séminaire et le Département d’études hispaniques. Il faudrait pour cela établir de vraies passerelles entre les différents Masters d’études médiévales, comme cela se fait avec le département de lettres modernes. Mais la situation est globalement heureuse, très heureuse même.

Diffusion de la recherche :

  • Collections : création d’une nouvelle collection ‘Etudes médiévales Ibériques’ au sein de Méridiennes, collection dirigée par D. Baloup et M. Berthe.

  • Portée nationale ou internationale de ces publications : portée nationale et internationale

  • Réseau internet : web de framespa

  • Associations et autres collaborations de tout type, aux plans français, européen et américain : doctorat avec Saint Jacques de Compostelle et Prague, collaboration avec le CSIC.

Vulgarisation de la recherche :

  • Publications « grand public » : pas encore, ça viendra.

  • Conférences, manifestations diverses : idem.

Situation dans l’hispanisme français : vous donnerez, si vous le jugez utile, votre sentiment sur la situation actuelle des études sur l’Espagne médiévale par rapport aux autres domaines de l’hispanisme, notamment pour les points suivants :

  • Sujets de concours (CAPES et Agrégation) : très bien en 2005-2006. Il faudrait que cela continue, qu’il y ait une question sur le moyen âge tous les deux ans.

  • Recrutement des enseignants-chercheurs : acceptable  ( ?)

Renseignements recueillis par J.-P. Jardin.

Au nord de la Loire, les chercheurs travaillant sur le moyen âge hispanique sont le plus souvent des chercheurs isolés, qui se rattachent pour leur recherche à des équipes locales plus ou moins généralistes dans lesquelles ils ne trouvent pas toujours la place de s’exprimer, ou à des équipes extérieures au titre d’un rattachement principal ou d’un statut de « membre associé » : c’est le cas, semble-t-il, dans des universités aussi importantes que Rennes II, Caen ou Strasbourg. Dans certaines universités –y compris des universités importantes- le moyen âge n’est représenté ni dans l’offre de formation ni dans le domaine de la recherche ; dans ces centres, il va de soi que les médiévistes brillent par leur absence (voir infra, « politique de recrutement »). La situation est évidemment très différente dans les centres parisiens, de telle sorte que se recrée dans le domaine qui nous intéresse le vieux schéma « Paris et le désert français ».

Dans la région parisienne, trois centres coexistent : au sein de l’EA « études romanes » de Paris X, dirigée par Bernard Darbord, une composante (non individualisée) qui compte deux médiévistes seulement (le directeur et un MC), mais qui a vu depuis 1999 la soutenance de quatre thèses portant sur le moyen âge et qui accueille actuellement cinq thésards « médiévistes » ; le SEMH Sorbonne, qui vient de se constituer à Paris IV sous la direction de Georges Martin et est une des trois composantes du CLEA (Civilisation et littérature de l’Espagne et de l’Amérique latine du moyen âge aux Lumières), dirigé par Annie Molinié [une dizaine de membres sur une soixantaine en tout, ce qui en fait le centre le plus important dans cette partie de la France, et même au-delà], et le CREM de Paris III, re-créé en 2003 et dirigé par moi-même, qui est quant à lui une composante du LECEMO (Les cultures de l’Europe méditerranéenne occidentale face aux problèmes de la modernité, XVe-XVIIe siècle), EA dirigée par Pierre Civil et Danielle Boillet ; le CREM ne compte que deux membres (+ un rattachement à titre secondaire et des membres associés), et accueille cinq doctorants. Ces trois centres parisiens s’efforcent depuis la création des deux derniers de créer une dynamique de groupe, déjà bien instituée en ce qui concerne les séminaires ouverts aux doctorants et post-doctorants qui ont lieu, en alternance, chaque lundi au Colegio de España, et qui est appelée à se développer dans les autres activités scientifiques (colloques…). Il faut souligner que cette collaboration entre trois équipes relevant de trois centres différents mais voisins est un fait exceptionnel, voire unique, en France.

Les renseignements portant sur les aspects matériels des équipes sont peu nombreux : le CREM partage avec les autres équipes de l’UFR d’études ibériques une « salle de recherches », et a reçu récemment un ordinateur portable, comme chacune des composantes du LECEMO. Compte tenu de sa petite taille, le centre ne peut s’engager dans de grosses dépenses. Les trois équipes sont amenées à participer aux activités de recherches collectives des EA dont elles sont des composantes ; elles participent aussi pleinement aux activités du SIREM (GDR 2378 du CNRS dirigé par Georges Martin, qui en est à sa sixième année d’existence), auquel elles sont toutes les trois rattachées, et qui est une structure en réseau qui fédère de nombreuses équipes françaises et étrangères (espagnoles, anglaises, américaines…) autour d’un thème unique (le pouvoir dans la péninsule ibérique au moyen âge). Six axes d’approche coexistent au sein du GDR : histoire (Patrick Henriet), linguistique (Bernard Darbord), philologie (Georges Martin), littérature (Carlos Heusch), édition de textes (Jean-Pierre Jardin) et iconologie (Ghislaine Fournès) et chacun des axes organise des rencontres à tour de rôle, ce qui insuffle un dynamisme indéniable à la recherche des médiévistes hispanistes, au nord de la Loire comme au sud. Ceci explique incontestablement la renaissance des études médiévales dans les dix dernières années.

Les relations internationales des équipes de médiévistes, en particulier des deux dernières arrivées, sont prises en charge pour l’essentiel par le SIREM. Peuvent s’y ajouter des relations nouées par les EA dont elles sont les composantes.

La place du moyen âge dans l’offre de formation des différentes universités du nord de la Loire étant très variable, il en va de même des liens qui peuvent l’unir aux activités de recherches : c’est particulièrement vrai pour la Licence, où certaines universités, influencées sans doute par le discours dominant, ne jugent pas utiles d’offrir à leurs étudiants hispanistes quelque aperçu que ce soit de la civilisation ou de la littérature du moyen âge, tandis que d’autres la réduisent à la portion congrue (dernier semestre de licence) ; quelques-unes enfin font une plus large place à cette période : première initiation en 2e année de licence (sur un semestre en général), cours systématiques de littérature et de civilisation en troisième année, selon des modalités diverses, existence de « parcours » clairement définis… On note chez quelques médiévistes –en particulier ceux qui se sentent « isolés »- une véritable inquiétude quant à l’évolution de leur situation dans les années à venir, menacés qu’ils sont par la « professionnalisation » des filières universitaires (le rapprochement que l’on dit nécessaire entre l’Université et l’Entreprise) et par un discours « pédagogique » hostile à tout ce qui n’est pas strictement contemporain, qu’ils craignent de voir se développer après l’intégration des IUFM dans les universités.

En Master, la situation dépend beaucoup de la politique de l’université pour le niveau antérieur, mais aussi du statut des médiévistes présents. Les professeurs parviennent à imposer ou à maintenir un enseignement « médiéviste » là où les MC se plient à des décisions qui ne leur sont pas toujours favorables. À Paris 3 et Paris IV, il existe des séminaires hebdomadaires en M1 et M2, sur un semestre dans la première citée, sur l’année dans la seconde. À Amiens existe également un séminaire annuel (de M1). Le lien enseignement-recherche est réel, plus marqué sans doute en M2.

En Doctorat, il a déjà été question des séminaires organisés dans les trois universités parisiennes (séminaires parfaitement indépendants dans leur thématique, ce qui ouvre un peu plus l’horizon des étudiants ou des collègues –voire des simples passionnés- qui viennent régulièrement les suivre et qui sont entre 10 et 15 chaque semaine) ; ce sont les seuls, semble-t-il, et les médiévistes en poste en province mais rattachés à l’une des trois équipes, s’efforcent dans la mesure du possible d’y participer une ou deux fois dans l’année. Le nombre de doctorants est satisfaisant, d’autant plus qu’il tend à s’accroître.

L’EA « études romanes » est rattachée à une école doctorale « langues, lettres, spectacles », le SEMH à une ED couvrant l’ensemble des langues en littérature et civilisation et le CREM à une ED « Europe latine – Amérique latine » dont dépendent en fait six EA. Les liens des équipes de médiévistes et de ces écoles sont lisibles, mais les activités organisées par les ED pour les doctorants ne font pas de place particulière au moyen âge hispanique, compte tenu de leur caractère « généraliste ».

La situation, en ce qui concerne la diffusion de la recherche, s’appuie sur une revue papier, les Cahiers d’études hispaniques médiévales, publiés par l’ENS LSH et co-dirigés par Georges Martin et Carlos Heusch, héritiers des CLHM créés par Jean Roudil en 1976, revue qui a une diffusion internationale depuis de nombreuses années. Une revue électronique a été créée à Paris IV (e-Spania), et fonctionne dans le cadre de la collaboration des trois équipes « parisiennes » ; l’échec de la version papier d’Atalaya (fondée par Michel Garcia en 1991 et disparue après son 10e numéro) tend à prouver qu’aucune création de revue « traditionnelle » n’est envisageable. Le coût de fabrication ne rend pas viable une telle entreprise. Le CLEA dispose d’un site web avec rubrique consacrée au SEMH-Sorbonne ; les sites des universités et des ED concernées fournissent des renseignements sur les autres équipes. La mise en ligne des conférences et séminaires organisés par les différentes équipes est envisageable à plus ou moins long terme selon les universités considérées. D’ores et déjà, les colloques organisés à l’ENS LSH dans le cadre des activités du SIREM sont consultables sur le site de ce dernier.

Réponse de Rica Amran (MC) : « Je ne peux apporter de réponse qu’à la question n° 3 du questionnaire : nous avons un cours magistral, en Licence, d’un semestre et deux TD annuels, intitulés « Littérature médiévale espagnole » ; en Master, j’ai un cours annuel intitulé « Les minorités dans la péninsule Ibérique (XIVe-XVe siècles). J’aimerais ajouter que j’espère et désire que l’on continue de prendre en compte notre discipline dans les programmes du CAPES et de l’Agrégation, pour le bien des futurs hispanistes ».

Réponse de Gérard Brey (directeur de l’EA 3224, « Littérature et histoire des pays de langues européennes ») : « Il n’y a pas de recherche dans le domaine médiéval espagnol à l’université de Franche Comté, car nous n’avons malheureusement pas la possibilité ni les moyens de recruter un spécialiste de cette période ».

Réponse de Teresa Orecchia Havas (PR littérature et civilisation hispano-américaines) : « Chers Collègues, Au sujet de l’équipe de recherches LEIA (Laboratoire d’études italiennes, ibériques et ibéro-américaines), EA 3215, de l’université de Caen, j’ai envoyé les réponses au questionnaire à Milagros Ezquerro et à Michel Lafon pour ce qui concerne le domaine hispano-américain, qui est pour l’instant celui qui est représenté activement dans l’équipe. Quant aux études médiévales, malgré la présence d’un PR médiéviste, il n’y a pas de recherche ni de manifestation collective (colloque, journée, séminaire) réalisée ou inscrite d’une quelconque manière dans l’équipe, ni de publication sous le sceau du LEIA. »

Rapport présenté par : Jean-Pierre Jardin (Pr, directeur du CREM).

Description du « laboratoire » : Le CREM (Centre de recherches sur l’Espagne médiévale) est une équipe récente (2003) qui a repris la dénomination d’une équipe précédente, dissoute par son fondateur. C’est l’une des composantes du LECEMO (« Les cultures de l’Europe méditerranéenne occidentale face aux problèmes de la modernité, XVe-XVIIe siècles », EA 3979) dirigé par les professeurs Pierre Civil et Danielle Boillet. Le LECEMO est en effet constitué par le regroupement de cinq équipes, deux équipes d’italianistes (le CIRRI et le CIRCE), deux équipes d’hispanistes (le CREM et le CRES) et une équipe de lusistes (partie du CREPAL)3. Par sa taille, le CREM n’occupe que la quatrième place de ce regroupement d’équipes. Il convient de signaler que le CREM fait partie aussi des équipes rattachées au groupement de recherche SIREM (GDR 2378 du CNRS) dirigé par le professeur Georges Martin. Le CREM n’a pas encore organisé de colloque qui lui soit propre, mais il participe activement aux réunions (colloques, tables rondes…) organisées par le LECEMO (« Naples, chaînon culturel entre l’Italie et l’Espagne », « Le paratexte ») ou par le SIREM (« Gouverner au féminin »…). Le directeur du CREM assure dans le cadre du Colegio de España un séminaire ouvert aux doctorants et post-doctorants un lundi sur trois, en alternance avec les professeurs Georges Martin (Paris IV) et Bernard Darbord (Paris X). Il partage avec les autres composantes du LECEMO et avec les autres équipes de recherches de l’UFR d’Études ibériques et latino-américaines de Paris III une salle de recherche de vingt places environ, équipée de quatre ordinateurs ; son budget représente un peu moins du quart du budget total du LECEMO, ce qui est notoirement insuffisant dans la mesure où le budget en question n’a pas été revu à la hausse malgré l’accroissement quantitatif de l’équipe et la perte d’un financement CNRS.

Relations internationales : Le CREM est partie prenante de toutes les relations établies par le LECEMO (liens avec diverses universités et ENS italiennes, avec des équipes espagnoles…) et par le SIREM (collaboration avec des équipes espagnoles, allemandes, anglaises, américaines…).

Formation : lien avec les enseignements, articulation entre la recherche sur l'Espagne médiévale et les cursus universitaires :

  • Dès la Licence : 35 heures de formation par étudiant : initiation à la littérature médiévale dès le quatrième semestre (1h/semaine), cours de littérature au cinquième semestre (2h/semaine) ou cours de civilisation au sixième (2h/semaine). L’UFR compte un professeur et un maître de conférences médiévistes.

  • En Master : Cours de M1 (2h/semaine au premier semestre) et de M2 (1h/semaine au semestre 3).

  • En Doctorat : Séminaires de 3 heures, un lundi sur trois (5 séances en moyenne). Actuellement, le CREM accueille cinq doctorants.

  • Intégration des jeunes chercheurs (Master, Doctorat, nouveaux docteurs) dans le dispositif de recherche (séminaires, colloques, publications, missions, mobilité…) : Existe déjà, et est appelée à se développer.

  • Liens avec les Ecoles Doctorales : à travers le LECEMO, le CREM est rattaché à l’école doctorale « Europe latine, Amérique latine » (ED 122) qui a inclus dans sa plaquette une présentation de l’équipe et de ses activités ; les chercheurs du CREM ont vocation à participer aux activités proposées aux doctorants par l’ED. Il est à noter que six équipes d’accueil de Paris 3 sont rattachées à cette école.

Diffusion de la recherche :

  • Revues (spécifiques ou généralistes, papier ou électroniques) : Le CREM ne possède pas de revue propre et n’envisage pas d’en créer, du moins sous forme papier. Les chercheurs et jeunes chercheurs de l’équipe ont la possibilité de publier dans les Cahiers d’études hispaniques médiévales (ENS LSH, directeurs Carlos Heusch et Georges Martin) et, depuis peu, dans la revue électronique e-Spania (Paris IV, directeur Georges Martin), qui sont les deux revues d’hispanistes médiévistes existant en France depuis l’échec et la disparition d’Atalaya (Paris 3, dir. Michel Garcia). Le directeur du CREM fait partie du comité de lecture et du comité de rédaction de ces deux revues.

  • Portée nationale ou internationale de ces publications : Les Cahiers sont les héritiers des Cahiers de linguistique hispanique médiévale fondés en 1976 par Jean Roudil (Paris 13) et bénéficient de la portée internationale que ceux-ci avaient très vite acquise ; le mode de diffusion de la revue e-Spania lui assure une reconnaissance internationale (les deux revues possèdent non seulement un comité de lecture, mais aussi un comité scientifique intégré par des personnalités internationales dont la réputation scientifique est reconnue et indiscutable).

  • Associations et autres collaborations de tout type, aux plans français, européen et américain : S’inscrivent dans le cadre des activités du LECEMO et de celles du SIREM.

Situation dans l’hispanisme français : vous donnerez, si vous le jugez utile, votre sentiment sur la situation actuelle des études sur l’Espagne médiévale par rapport aux autres domaines de l’hispanisme, notamment pour les points suivants :

  • Sujets de concours (CAPES et Agrégation) : La bonne formation des hispanistes français me paraît imposer une question portant sur la civilisation ou la littérature médiévales aux deux concours externes chaque année. Un hispaniste (au sens le plus large du terme) ne peut pas ignorer l’existence d’œuvres littéraires majeures, telles que le Poema de Mio Cid ou le Libro de Buen Amor, pas plus qu’il ne peut ignorer l’action culturelle exercée par un Alphonse X, et son influence sur l’évolution de la langue castillane. Toutes les excuses présentées par les adversaires de cette présence du moyen âge aux concours (difficulté de la langue, absence de spécialistes dans certains centres) me paraissent de simples prétextes qui cachent mal une prise de position idéologique. Bien entendu, cette présence d’une question médiévale ne doit pas se faire au préjudice d’autres domaines : la formation des hispanistes doit s’efforcer d’être complète et équilibrée.

  • Recrutement des enseignants-chercheurs : La situation me paraît très variable selon les universités, mais globalement satisfaisante, compte tenu de la relative modestie du « vivier » existant (surtout pour les postes de rang A).

Rapport présenté par : Georges Martin

Description du « laboratoire » :

  • Equipe d'accueil (ou composante d'une équipe) : SEMH-Sorbonne (Séminaire d’études médiévales hispaniques de la Sorbonne : directeur Georges Martin), composante de CLEA (Civilisation et littérature de l’Espagne et de l’Amérique latine du moyen âge aux Lumières, EA 2559 : directrice Annie Molinié)

  • Place du domaine "Études médiévales" dans le « laboratoire », par rapport aux autres domaines, hispaniques ou non hispaniques : une des 3 composantes de CLEA (une dizaine de membres sur une soixantaine en tout).

  • Fonctionnement (séminaires, journées d’études, colloques, bibliothèque, archives, salle ou bâtiment de recherche, secrétariat, budget...) : un séminaire tenu par Georges Martin (une séance toutes les 3 semaines en alternance avec Bernard Darbord et Jean-Pierre Jardin au Colegio de España de Paris).

Relations internationales : adhésion au SIREM (GDR 2378, CNRS), qui prend en charge l’essentiel de l’international. Le SEMH-Sorbonne est une unité émergente qui n’a pas encore construit son réseau. Elle bénéficie, toutefois, de la tradition du SEMH et des relations, très étendues, du SIREM.

Formation : lien avec les enseignements, articulation entre la recherche sur l’Espagne médiévale et les cursus universitaires :

  • Dès la Licence (mention spécifique dans les maquettes, etc.) : cours général et parcours, de civilisation et de littérature en 3e année de Licence. Dès la 2e année : cours général sur un semestre.

  • En Master : séminaire hebdomadaire

  • En Doctorat : séminaire toutes les 3 semaines

  • Intégration des jeunes chercheurs (Master, Doctorat, nouveaux docteurs) dans le dispositif de recherche (séminaires, colloques, publications, missions, mobilité…) : doctorants et post-docs intégrés aux activités et aux publications

  • Liens avec les Ecoles Doctorales : Ecole doctorale IV (couvrant l’ensemble des langues en littérature et civilisation). Les relations devraient être étroites avec les composantes dirigées par Bernard Darbord et Jean-Pierre Jardin. C’est déjà vrai au titre des séminaires (et donc de la formation doctorale), cela devrait se construire pour l’activité scientifique.

Diffusion de la recherche :

  • Revues (spécifiques ou généralistes, papier ou électroniques) : e-Spania, Revue électronique d’études hispaniques médiévales.

  • Réseau internet : site web de CLEA avec rubrique consacrée au SEMH-Sorbonne

Situation dans l’hispanisme français : vous donnerez, si vous le jugez utile, votre sentiment sur la situation actuelle des études sur l’Espagne médiévale par rapport aux autres domaines de l’hispanisme, notamment pour les points suivants :

  • Sujets de concours (CAPES et Agrégation) : bonne en ce moment (situation variable, donc). Notre intérêt est que le programme d’agrégation continue de comporter 5 questions.

  • Recrutement des enseignants-chercheurs : moyenne. Les doctorants sont tous immédiatement recrutés (excellent), mais de nombreuses sections sont encore réticentes quant à recruter un médiéviste.

Réponses individuelles :

  • Mónica Castillo Lluch est membre du CIHAM de Lyon II (UMR 5648 du CNRS, équipe 5 – Mónica Castillo y dirige le programme 2, « transferts linguistiques et textuels »), dans la continuité du SEMH qu’elle a intégré en 1993. Cette équipe est rattachée au SIREM dirigé par Georges Martin (GDR 2378 du CNRS). Marta López Izquierdo fait aussi partie du SIREM, dont la section linguistique est sous la direction de Bernard Darbord.

  • L’équipe 5 du CIHAM (programme 2, responsable Mónica Castillo) organise des colloques internationaux (dont l’un, sur « Le pouvoir des langues. Conflits linguistiques et culturels », aura lieu à Cadix en 2008 et sera coordonné par Mónica Castillo et José María García Martín, professeur à l’université de Cadix ; les trois séances prévues porteront sur le moyen âge). Locaux : ceux de l’ENS LSH de Lyon pour l’équipe 5 du CIHAM. Diffusion : Équipe 5 du CIHAM : Cahiers d’études hispaniques médiévales, publication annuelle.

Réponse de : Bernard Darbord.

Laboratoire : composante de l’EA 369 (Études romanes) de Paris X. Rattachement à l’ED « Langues, lettres spectacles ». L’EA est associée au SIREM. Deux médiévistes : Bernard Darbord (Pr) et César García de Lucas (MC). Quatre thèses soutenues depuis 1999 sur le moyen âge ; cinq sont en cours. Le SIREM est associé à notre réflexion sur les formes brèves : six colloques depuis 1996 (Grenade, Casa de Velázquez, Saragosse, Saint-Jacques de Compostelle, Vérone et Paris 10 en 2008).

En conclusion, la recherche médiéviste se porte plutôt bien actuellement en France, et les chercheurs font preuve d’un réel dynamisme. Plusieurs centres, situés pour l’essentiel dans le Sud (Poitiers, Bordeaux, Lyon, Toulouse et Aix), et le pôle parisien au nord de la Loire, sont porteurs de ce dynamisme. Une des premières conséquences de ce dynamisme a été la formation de nombreux MC, dont certains sont maintenant devenus professeurs, ce qui rompt avec une situation antérieure beaucoup plus précaire. Mais ce dynamisme se heurte à une politique « localiste » défendue par le Ministère aussi bien que par les universités elles-mêmes, qui favorise les grandes équipes généralistes (chronologiquement et géographiquement) et condamne les médiévistes à créer de minuscules centres qui trouvent plus ou moins facilement leur place dans ces équipes. Ils doivent d’autre part lutter contre un discours dominant qui leur est défavorable. Si les « civilisationnistes » et les philologues trouvent assez souvent un appui auprès des historiens, qui ont pris conscience de la nécessité d’intégrer l’Espagne à leurs thèmes de recherches, les littéraires « purs » sont sans doute plus mal lotis, sauf à s’associer, quand cela s’avère possible, avec des médiévistes spécialistes d’autres littératures (francisants…). L’existence du SIREM, groupement de recherche CNRS, a permis ce dynamisme exceptionnel et ce GDR joue et jouera pour quelques années encore un rôle moteur dans la recherche des hispanistes médiévistes, quelle que soit leur spécialité. Il appartient à ceux-ci de s’assurer que cette situation puisse perdurer au-delà de la disparition du GDR.

La diffusion de cette recherche se fait pour l’essentiel grâce à deux canaux : d’une part, les Cahiers d’études hispaniques médiévales, revue papier publiée par l’ENS LSH qui bénéficie de l’image des anciens CLHM dont elle est l’héritière directe (ce que traduit la numérotation) et, d’autre part, la nouvelle revue e-Spania, revue électronique créée à Paris IV. L’échec de la revue Atalaya, du moins sous sa forme papier, montre clairement que l’étroitesse du marché en ce qui concerne la recherche sur l’Espagne médiévale ne permet guère une multiplication de revues papier condamnées à la confidentialité : dans ce domaine, les perspectives d’avenir sont clairement du côté de l’électronique et de la diffusion par internet –ce qui est vrai aussi en matière d’éditions de textes d’époque.

Invités à donner leur avis sur la situation de la recherche sur le moyen âge dans l’hispanisme français, et en particulier sur les sujets de concours (CAPES et agrégation) et sur le recrutement des enseignants-chercheurs, les médiévistes ayant participé à l’enquête sont unanimes à souhaiter que le moyen âge soit systématiquement présent dans les programmes des concours, au moins dans celui de l’agrégation externe, ce que rend possible l’existence de cinq questions [une situation qui ne doit pas être remise en cause] ; quant au recrutement, ils jugent la situation « moyenne », voire « préoccupante » : peu de doctorants restent sans poste après l’obtention de leur thèse, mais on regrette la « timidité » de certaines sections face au recrutement d’un médiéviste, ressenti comme inutile ou non urgent, au profit d’une politique de renforcement de pôles de recherche et d’enseignement jugés plus porteurs. De ce fait, d’ailleurs, ces centres sont souvent les premiers à s’opposer à l’existence de questions médiévales aux concours au nom de la faiblesse de leurs moyens [cercle vicieux], ou à les faire traiter par des vacataires, ce qui n’incite pas les étudiants à s’engager sur une voie trop vite jugée par eux sans issue.

  • Carlos Heusch

    ENS LSH

  • Jean-Pierre Jardin

    Université Sorbonne Nouvelle – Paris III

Pour citer cet article :  Heusch Carlos et Jardin Jean-Pierre (2006). "La recherche sur le Moyen Âge dans l’hispanisme français".  Actes des journées d'études de la Société des Hispanistes Français, Poitiers, 12 et 13 mai 2006.

En ligne : http://edel.univ-poitiers.fr/shf/document266.php (consulté le 22/09/2017).

Notes

1 Ce questionnaire ne diffère pas sensiblement de ceux qui ont pu servir pour les autres domaines de l’hispanisme.
2 La version proposée a été révisée après l’organisation des journées de Poitiers et complétée en fonction des débats engagés au cours de ces journées (note de J.-P. Jardin).
3 Explicitation de ces différents sigles : Centre interuniversitaire de recherche sur la renaissance italienne (CIRRI), Centre interdisciplinaire de recherche sur la culture des échanges (CIRCE), Centre de recherche sur l’Espagne des XVIe et XVIIe siècles (CRES), Centre de recherches sur l’Espagne médiévale (CREM), Centre de recherches sur les pays lusophones (CREPAL).
 
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