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La recherche en linguistique hispanique (espagnol, portugais, catalan, galicien, basque)

Par Christian Boix et Bernard Darbord

Publié en ligne le 28 septembre 2006

Sommaire

L’injonction de la part de nos autorités de tutelle à procéder à des regroupements sur site pour atteindre la masse critique de chercheurs et d’étudiants a sensiblement remodelé le paysage de la recherche et n’a pas été sans effet sur notre spécialité caractérisée par un nombre de ressortissants généralement réduit au sein de chaque université. Les modalités de regroupement des anciennes équipes et DEA, la logique d’habilitation des Masters, ont eu souvent pour conséquence de diluer encore davantage l’identité de la recherche en linguistique hispanique dans des ensembles plus vastes, transdisciplinaires ou pluridisciplinaires. Le résultat observable est que même des sites historiquement mieux lotis, comme Paris III ou Paris IV, ne possèdent aucun laboratoire de linguistique hispanique institutionnellement agréé comme tel (un « vrai » laboratoire est une EA, un GDR, une UMR, transitoirement une JE…). Même le GERLHIS de Paris III, par exemple, n’est que l’une des trois sous-composantes de la nouvelle EA 170 (Langues romanes : acquisition, linguistique, didactique) et Gilles Luquet remarque qu’au sein de l’ED 122 (Europe latine – Amérique latine), « le poids de la linguistique hispanique est insignifiant. » Paris IV, de son côté, regroupe au sein d’un même laboratoire (EA 3553 : Forme, discours, cognition) l’ensemble des linguistes de langues étrangères. Même si par le jeu des sous-composantes et/ou sous-axes on peut tenter de faire survivre les anciennes structures dans les cadres nouveaux, la difficulté à conserver une identité proprement hispanique (ou proprement linguistique ailleurs) n’en est pas moins forte, notamment sur le plan des ressources budgétaires qui semblent rares selon tous les rapports que nous avons reçus.

Dans le meilleur des cas, la linguistique hispanique trouve logiquement sa place dans un laboratoire de langues romanes. C’est le cas du GERLHIS de Paris III, lequel se trouve ainsi dans la logique d’intégration la moins dénaturante possible sur le plan épistémologique.

Dans d’autres cas, l’intégration se fait par la communauté d’appartenance aux Sciences du Langage ou à des sous-secteurs de celles-ci. C’est le cas –dans le désordre et à titre d’exemples- de Paris IV (Forme, Discours, Cognition), d’Orléans (où PROHEMIO est intégré à la JE Centre Orléanais de Recherche en Linguistique), de Paris VII (où les hispanistes font partie du Centre de Linguistique Interlangue, Lexicologie, Linguistique et Corpus), ou de Limoges (regroupement auprès du CeReS –Sémiotique CNRS).

Un autre cas de figure est celui de l’intégration par la communauté d’appartenance au domaine hispanique. C’est la solution la plus fréquente dans les universités de petite taille et le regroupement peut être plus ou moins large. A Paris VIII, par exemple, la linguistique romane est intégrée au laboratoire/Equipe d’Accueil : « Centre de recherches en linguistique, littératures et civilisations romanes ». Nancy a constitué l’EA 3465 « Romania » qui fait une place au domaine linguistique. Perpignan développe ses activités en linguistique hispanique au sein du Centre de Recherches Ibériques et Latino-américaines de l’université de Perpignan (CRILAUP/EA 764). Pau fonctionne autour du LLREBEC/EA 1925 : Laboratoire de Langues et Littératures Romanes, Etudes Basques, Espace Caraïbes ; prochainement, ce laboratoire verra son horizon encore élargi par le jeu des regroupements qui accompagnent chaque campagne d’habilitation. A Toulouse, c’est le LEMSO, lui-même sous-groupe de l’UMR FRAMESPA à vocation historienne, qui abritait Renaud Cazalbou. L’éventuelle homologation d’un nouveau laboratoire (Centre d’Etudes sur la Péninsule Ibérique et l’Amérique latine à Toulouse – CEPIALT) permettra à la linguistique hispanique de trouver une nouvelle place. A Dijon, les colloques organisés par Hispanística XX comportent un volet linguistique pour chacune des thématiques ; mais le Centre de Recherches Hispaniques du XXe ne sera plus une EA à lui seul au terme du quadriennal… Paris X inscrit la recherche en Linguistique au sein de l’EA « Etudes romanes ».

En dernier lieu, il faut relever les cas d’intégration par le biais de thématiques englobantes, transversales et transdisciplinaires. Cette dernière rubrique concerne les collègues qui mènent leur recherche au sein de structures fédératrices dont l’intitulé n’est ni spécifiquement linguistique, ni spécifiquement hispanique. Il se pourrait d’ailleurs que le nombre des laboratoires de ce type augmente singulièrement dans le futur, en vertu des seuils fixés pour atteindre la masse critique requise dans les unités de recherche. Par exemple, à l’université d’Artois, l’apport de la linguistique hispanique intervient dans le cadre du CERACI/EA 1836 : « Centre d’Etudes et de Recherches de l’Artois sur les Cultures et Intertextualités ». Les collègues de Rouen oeuvrent au sein d’un PPF (Plan Pluriannuel de Formation) « Aires Culturelles Indo-Européennes ».

La tentative la plus courante pour faire survivre une identité hispanique et/ou linguistique comme domaine de recherche dans les universités de taille réduite consiste, comme nous l’avons vu, à recourir à des sous-groupes, axes ou composantes au sein des Equipes d’Accueil. Tant sur le plan de la recherche que sur celui de la formation à la recherche, cette solution permet de maintenir une spécificité. Mais cette dernière va en s’amenuisant : les contenus de formation en Master 2 obligent les étudiants à suivre des séminaires de plus en plus variés. Certes, on peut se féliciter de « l’ouverture », de la « transdisciplinarité »,  des « synergies » mises en place. Il n’est pas certain, toutefois, que l’on évite toujours une certaine dispersion dans la formation à la recherche, tant en Master que dans les Ecoles Doctorales, et que l’amplitude de la dimension horizontale de la formation et de la recherche ne risque pas de porter atteinte à la dimension verticale de la profondeur des résultats. De fait, en linguistique hispanique, la véritable structuration se fait souvent autour de quelques individus (il est rare qu’il y ait, par exemple, plusieurs HDR en linguistique hispanique sur un même site universitaire) qui servent d’élément fédérateur pour un réseau. Les journées, colloques et autres rencontres scientifiques attestent de cette particularité. Le gros de la production des résultats scientifiques est l’œuvre de personnes (ouvrages) ou de réunions de chercheurs issus de sites divers, tant français qu’étrangers. Les productions de l’association LIBERO sont sans doute l’un des meilleurs exemples de solution pour garder vivante et efficace la « spécialité » dont se réclame notre discipline. Mais cette association ne peut constituer une structure de rattachement administratif pour la formation de doctorants…

Le nouveau paradigme de l’organisation de la recherche semble placer la linguistique hispanique (mais pas seulement elle) devant un choix crucial :

  • Ou bien nous suivons une logique transdisciplinaire sur site (regroupements dans chaque université) et devrons alors travailler en rapport avec des problématiques nouvelles (apports de la linguistique à l’analyse des divers types de discours, sociolinguistique, linguistique comparée, …) ;

  • Ou bien nous envisageons la création de réseaux qui, par définition, sont à cheval sur plusieurs établissements. Cette seconde alternative est difficilement gérable sur le plan administratif : elle supposerait qu’un (ou plusieurs) laboratoire(s) « tête de pont » réunisse(nt) des chercheurs d’origine géographique multiple et impliquerait l’avènement d’une «carte des formations ». Tel étudiant de Brest devrait éventuellement s’inscrire à Toulouse pour y effectuer tel type de recherche ; tel étudiant de Pau devrait aller à Strasbourg pour y travailler telle ou telle thématique.

En résumé et pour l’heure, la logique des regroupements sur site, avec maintien de sous-groupes, permet de laisser fonctionner la recherche en Lettres et Langues selon la logique individuelle antérieure et d’éviter le douloureux virage vers une carte des formations qui contribuerait à séparer un peu plus enseignement (généraliste) et recherche (spécialisée) dans les universités. Mais on peut percevoir quelques contradictions à l’intérieur du schéma « soft » des regroupements locaux. Il n’est pas rare que les Ecoles Doctorales organisent des séries de séminaires, obligatoires pour tous les doctorants rattachés à l’ED, qui vont de la littérature anglaise à l’architecture minimaliste en passant par l’aménagement du territoire pyrénéen ou l’économie souterraine en Sicile. Interdisciplinarité ? Sans aucun doute. Mais quelle est son efficacité pour un doctorant curieux de signifiant linguistique, d’analyse de discours ou de pragmatique ? Les supports de la rédaction de sa thèse sont manifestement ailleurs, tout comme les allocations de recherche qui sont une denrée rarement distribuée en direction des entités peu influentes…

La linguistique hispanique continue donc à fonctionner « à l’ancienne » dans les nouvelles structures. Non pas que ce qualificatif et cette méthode doivent être pris en mauvaise part, bien au contraire. Les résultats recueillis dans notre enquête montrent que les liens internationaux, les publications, la formations de doctorants, le nombre d’HDR, sont tout à fait satisfaisants par rapport à l’effectif de la discipline. Le seul problème, c’est que l’impossibilité d’atteindre une taille suffisante oblige à œuvrer d’une façon artisanale, soit individuellement, soit au sein de groupes rattachés à des sous-axes de composantes dans des E.A. agréées dont le nombre diminue et la taille augmente. D’où, pour la discipline linguistique hispanique, le manque de ressources, d’allocations, de monitorats, manque corollaire du « déficit de visibilité » auquel il faudra bien remédier d’une façon ou d’une autre. Mais au fond, y a-t-il une linguistique hispanique, ou plutôt des applications aux langues romanes de la recherche en Sciences du Langage ? Comme le fait observer Christian Lagarde, le salut se dessine déjà dans l’ouverture, dans la collaboration avec des horizons linguistiques vastes qui ne limitent plus l’enseignement et la recherche au cadre de l’épreuve orale de l’agrégation.

Je voudrais commencer par un constat. Vous savez peut-être que de nombreux linguistes hispanistes se réunissent, tous les deux ans en principe (malgré une malheureuse vacance en 2004) à l’occasion d’un colloque. Depuis 1999, ils se sont même constitués en association (LIBERO). Tous les linguistes hispanistes n’appartiennent pas à cette association, néanmoins, celle-ci (soixante-dix membres) donne une idée de leur diversité, mais aussi du relatif isolement dans lequel ils se trouvent.

Un de ces colloques a eu lieu les 14-16 mars 2002 à Perpignan. Il était organisé par Christian Lagarde. Les actes en ont été publiés en 2003 par Christian Lagarde (CRILAUP, Presses Universitaires de Perpignan). 37 communications y ont été présentées. Des linguistes chevronnés, et aussi des doctorants, bref, une grande diversité.

Mon attention a été attirée par un fait : seules deux communications signalaient leur appartenance à un laboratoire (EA, CNRS, JE, etc.).

Cela ne veut pas dire que les trente-cinq autres communications étaient l’œuvre de linguistes isolés. L’exposé d’aujourd’hui montre bien que non. En revanche, cela me paraît signifier que l’appartenance à un laboratoire n’est pas un fait essentiel et que pour beaucoup, le travail solitaire est un fait primordial. Du reste, beaucoup nous ont dit qu’ils appartenaient bien à un groupe, mais que celui-ci ne subventionnait aucune de leurs initiatives.

Je veux donc solennellement, au travers de la SHF, engager nos collègues, chaque fois qu’ils publient, à préciser, au dessous du nom de leur université, le nom de leur laboratoire de recherche.

La recherche en linguistique hispanique porte sur des champs nombreux. Beaucoup de chercheurs explorent en outre d’autres disciplines (littérature, romanistique, linguistique générale, etc.).

On distinguera, parmi les différents travaux (sans hiérarchie) :

  • Synchronie et diachronie. Traditionnellement, l’histoire de la langue est un terrain bien exploré en France. Même si aucun chercheur français n’a été invité à participer à la monumentale Historia de la lengua española, dirigée par Rafael Cano Aguilar (Barcelona, Ariel, 2004). Il est vrai que les chercheurs français sont tournés vers une linguistique de l’énonciation (modalités, deixis, etc.), optique non développée dans l’ouvrage.

  • Diatopie, dialectologie, linguistique hispanique et hispano-américaine. Linguistique comparée, contacts avec le basque, le portugais, le galicien, le catalan, les langues amérindiennes, étude des langues de transition.

  • Ecriture et oralité. Intonation, ponctuation. Une thèse sur la ponctuation vient d’être soutenue à Bordeaux 3 sous la direction de Frédéric Bravo.

  • Ecriture et littérature (stylistique). Parémiologie. Lexicologie et phraséologie.

  • Didactique de l’espagnol.

  • Pragmatique, langue, texte et contexte.

  • Sociolinguistique, glottologie politique.

La linguistique se développe et beaucoup de thèses sont soutenues. Il est certain que les traditions guillaumiennes (B. Pottier, M. Molho), fonctionnalistes (Martinet), logique (Ducrot), etc. se réunissent et se confrontent, contribuant à la qualité des échanges.

Nous avons en premier lieu consulté les collègues, en espérant ne pas en avoir oublié. Le problème est difficile, car certains hispanistes pratiquent la linguistique à titre secondaire et ne sont pas toujours répertoriés comme linguistes dans le guide de la SHF.

La plupart du temps, lorsque le nombre de chercheurs le permet, un groupe de linguistes est constitué comme un axe de recherche à l’intérieur d’une équipe (EA, JE) pluridisciplinaire. C’est par exemple le cas du GERLHIS de Paris III.

  • Le GERLHIS (Groupe d’Etudes et de Recherches en Linguistique Hispanique) existe à Paris III depuis 1997. Il est dirigé par Gilles Luquet. Il ne bénéficie pas de crédits ministériels et ne reçoit d’aide du Conseil Scientifique de l’Université que de façon ponctuelle, à savoir pour la publication des Actes des colloques qu’il organise. En raison de son intégration à ce qui fut d’abord une Jeune Equipe, puis une Equipe d’Accueil (l’EA 3418 « Langues romanes »), il a bénéficié en outre, mais de façon tout aussi ponctuelle, de l’aide de cette structure intégrante, aide qui a permis notamment de financer des séjours d’étude à l’étranger pour quelques doctorants. L’EA 3418 ayant dû l’an dernier, fusionner avec une autre EA de Paris III (économies ministérielles obligent), le GERLHIS fait désormais partie de l’EA 170 qui reste une équipe de recherche en langues romanes (intitulé exact : « Langues romanes : acquisition, linguistique, didactique »).

  • L’équipe d’accueil 3553 Formes, Discours, Cognition regroupe les chercheurs linguistes de Paris 4 et secondairement des chercheurs isolés d’autres universités (c’est le cas de Gabrielle Le Tallec Lloret Linares (Rennes 2). Elle est constituée de linguistes. Les linguistes hispanistes de Paris 4 (Marie-France Delport, en particulier) sont dont intégrés dans une structure plus spécialisée, constituée de spécialistes des sciences du langage.

  • L’équipe d’accueil Etudes Romanes (EA 369) de l’Université Paris X Nanterre possède une branche « Linguistique Hispanique et Moyen Age espagnol », dirigée par Bernard Darbord. Comme beaucoup d’autres équipes d’accueil, elle est constituée d’axes variés (langue, littérature et civilisation, Espagne et Amérique Latine). L’axe Linguistique hispanique et Moyen Age espagnol est un de ceux-là. Les linguistes de Paris X sont par ailleurs membres du SIREM (GDR/CNRS) sur le Moyen Age espagnol, ce qui fait que leurs actions (colloques 2002 sur la modalité, colloque 2007 sur les formes brèves), sont co-financées par l’EA et le SIREM.

  • Le CRILAUP, de l’Université de Perpignan appartient à l’EA 764. Cette EA fédère cinq axes de recherches, dont : « Sociolinguistique et didactique des langues » (Christian Lagarde).

  • A Brest (UBO), l’EA « Littératures, Langues » intègre l’équipe de recherche en Linguistique Appliquée (ERLA). Cette équipe est ouverte à tous les domaines linguistiques et à toutes les langues.

  • Le CIEL (Paris 7) est un Centre Interlangues d’études en lexicologie, branche de l’EA 3967 CLILLAC) Le CIEL est dirigé par Madame Colette Cortès (germaniste) et regroupe des hispanistes (4), des germanistes (8), des anglicistes (15) et des francisants (3). Le lexique est abordé comme objet d’étude en lui-même, mais aussi en vue du traitement informatisé du langage. Axes de recherche : lexicologie, néologie, rapports avec la morphologie, la syntaxe et la linguistique textuelle. Linguistique de corpus (grands corpus monolingues ou plurilingues, langues de spécialité, terminologie, traductologie).

  • A Tours, le CIREMIA est organisé en équipe d’accueil (directeur Jean-Louis Guereña). Les deux linguistes du département y sont accueillis (Amélie Piel et Manuel González de ?vila). La situation est la même à Versailles Saint-Quentin en Yvelines (Cecilia Hare).

  • A Arras, le laboratoire CERACI est une équipe d’accueil (n°1836). Elle travaille sur l’intertextualité. Réunit des germanistes, des hispanistes, des slavisants, des francisants. La partie linguistique hispanique est dirigée par Carmen Pineira Tresmontant.

  • A Orléans, le laboratoire PROHEMIO est un programme de recherche sur l’oralité, l’histoire et l’écriture. Il est une composante de l’équipe d’accueil CORAL. Il s’adresse à tous les étudiants chercheurs hispanistes de l’université. PROHEMIO a été une jeune équipe, jusqu’en 1998.

  • A Rouen, les Hispanistes se sont réunis en un PPF appelé ACIE (Aires Culturelles indo-européennes), avec des antiquisants, des anglicistes, des germanistes et des philosophes. Il en résulte des travaux transdisciplinaires intégrant de nombreuses interventions de linguistes.

  • A Toulouse 2, les linguistes (Renaud Cazalbou) sont intégrés dans une large structure qui s’appellera en 2007 CEPIALT (Centre d’Etudes Sur la Péninsule Ibérique et  l’Amérique Latine à Toulouse)

Ce rapide survol, fondé sur les réponses qui nous ont été données montrent que les linguistes hispanistes sont confrontés souvent à une alternative et qu’ils semblent y répondre de façon assez homogène et cohérente : linguiste ou hispaniste ? En majorité, ils apportent leur spécificité de linguistes dans les travaux  sur la matière hispanique et s’intègrent volontiers dans une équipe d’accueil plurielle. Rares sont les cas de ceux qui choisissent une EA des sciences du langage et une école doctorale non littéraire. Peu de collègues restent isolés. En tout cas parmi ceux qui nous ont répondu. Il est important en outre de souligner que beaucoup de collègues, spécialistes de littérature, ont néanmoins la charge de l’enseignement de la linguistique dans leur université. On est parfois frappé par la qualité de leur réflexion et leur efficacité dans la diffusion de la discipline, même si leurs publications portent sur d’autres domaines. Nous citerons pour exemple le cas de Marie Roïg Miranda, chargée de la question de linguistique du concours de l’agrégation d’espagnol à l’université Nancy II : « personnellement, dit-elle, je suis spécialiste de stylistique et m’intéresse au texte, au discours, ce qui m’amène à côtoyer la linguistique ».

Marie Roïg Miranda appartient à l’EA 3465 Romania. Elle organise un colloque tous les deux ans, mais la linguistique n’est pas toujours présente dans le colloque.

Colloque 2003 : Langues et identités culturelles dans l’Europe des XVIème et XVIIème siècles (Actes parus en 2006).

Mónica Castillo Lluch et Marta López Izquierdo (Paris 8), appartiennent toutes les deux à l’EA 1570. Celle-ci intègrent une équipe de linguistes (Approches comparatives de Langues Romanes : discours, lexique et grammaire » que dirige Maria Helena Araújo Carreira. Toutes deux appartiennent, par ailleurs, au SIREM de Georges Martin, en tant que linguistes, dans ce GDR consacré aux Etudes Médiévales.

  • Le GERLHIS de Paris III organise des séminaires, ainsi qu’une rencontre mensuelle au cours de laquelle des linguistes se retrouvent. Il organise aussi des colloques. Le dernier en date : « Le signifié de langue en espagnol : méthodes d’approche » (18 et 19 mars 2005). Il a co-organisé un colloque en linguistique comparée des langues romanes.

  • L’équipe d’accueil de Paris X organise des colloques de deux ordres : 1/Autour d’une linguistique de l’énonciation (colloque sur les modalités en espagnol médiéval, novembre 2002) ; Colloque sur les formes brèves (équipe européenne) : précédents colloques à Grenade, Madrid-Casa de Velázquez-, Saragosse, Saint Jacques de Compostelle, Vérone. Le prochain colloque est prévu en 2007 à Paris 10. Ses publications ont la revue Crisol pour support, ainsi que les Cahiers de Linguistique et de Civilisation Hispanique Médiévale (Directeurs Georges Martin et Carlos Heusch), du fait de l’intégration de ses membres dans le SIREM.

  • Le laboratoire de linguistique du CRILAUP (Perpignan organise des séminaires de doctorat et post-doc). Il organise des colloques et tables rondes et en publie les actes aux Presses Universitaires de Perpignan (collection « Etudes »). Il publie aussi d’autres travaux dans cette même collection. Il publie également deux revues : « Marges », 29 n° parus, de type monographique ; « Les Cahiers du CRILAUP », 3 n° parus, travaux d’étudiants. Il possède une petite bibliothèque. Il veille à la perpétuation de la « Bibliothèque d’Etudes Mexicaines » dont le fonds, très riche, est déposé à la BU dans une salle dédiée.

  • L’ERLA (UBO), organise chaque année une journée de communications scientifiques ouvertes à toutes les langues. En novembre 2006 : Aspects diachroniques du texte de spécialité.

  • Le CIEL de Paris 7 organise une ou deux journées d’études par an sur des thèmes variés (sémantique, lexicologie, langues de spécialité). Elle possède en outre une revue, les Cahiers du CIEL.

  • Le groupe PROHEMIO a organisé de nombreux colloques, tous publiés, depuis 1993. Il poursuit également un projet local de dictionnaire idiomatique autorisé espagnol-français, qui a dû être mis en veilleuse à la suite de la suppression de la jeune équipe.

  • Les linguistes du CERACI d’Arras publient leurs travaux dans la collection Lettres et civilisations étrangères et ont organisé une journée d’études les 28 octobre 2005 et 27 janvier 2006 (Les corpus en linguistique et en « traductologie »).

  • Des colloques spécifiques réunissent des linguistes à Rouen: Représentations linguistiques de la personne (2005), Aspect et contrainte de sélection (2006), L’implicite et le préconstruit (2007). Les actes sont prévus aux PURH (Presses des Universités de Rouen et du Havre). Parallèlement, les linguistes rouennais (Jack Schmidely, Anne-Marie Vanderlynden, Béatrice Salazar, José Antonio Vicente-Lozano) conservent leur activité initiale, dont les travaux apparaissent dans les Cahiers du CRIAR et entretiennent leurs contacts avec les Universités de Valladolid, de Buenos-Aires, et avec les Société Savantes. En particulier, comme soixante-dix de leurs collègues, avec la Société des Linguistes Hispanistes Français (LIBERO).

  • La recherche en linguistique médiévale est entretenue par le GDR 2378 du CNRS qui regroupe de nombreux chercheurs français et espagnols. Ce GDR a une finalité notamment philologique (édition de textes, critique textuelle) et linguistique. La branche linguistique est dirigée par Bernard Darbord. En association avec l’EA Etudes Romanes de l’Université Paris 10, le SIREM a organisé en novembre 2002 un colloque sur les modalités dans les textes médiévaux hispaniques. Les actes sont parus dans les Cahiers de Linguistique et de Civilisation Hispaniques Médiévales (n°27, 2004).

  • L’Equipe d’Accueil 3553 de Paris 4 organise tous les deux ans un colloque donnant lieu à publication.

Les linguistes peuvent rencontrer des problèmes aigus de locaux (bureaux, salles de recherche et de séminaire). Le problème est aigu à Paris 3. Certaines universités (en province surtout) sont mieux loties, surtout quand on a prévu des espaces spécifiques destinés à la recherche. Beaucoup signalent simplement un secrétariat pour l’EA (ainsi, à Brest).

Certaines universités disposent d’une maison de la Recherche (Caen, Toulouse, Paris 4). A Perpignan, l’EA possède un bureau (direction, secrétariat) et une salle de séminaire-bibliothèque de 20-25 places. A Pau, l’EA possède un bureau (direction + secrétariat à mi-temps).

Les linguistes constituent souvent un petit groupe de deux, ou trois ou quatre collègues. Ils doivent naturellement s’intégrer dans des laboratoires de plus grande ampleur, afin de définir des projets de type le plus souvent pluridisciplinaire. La linguistique peut ainsi apparaître comme une discipline transversale, adjuvante, dans des approches de tous ordres, historique, littéraire, juridique, voire économique. C’est pourquoi nombre d’entre nous sommes des philologues, spécialistes de linguistique textuelle, à l’aise dans bien des écoles doctorales (lettres, sciences du langages, culture et société, voire sciences juridiques).

Nous prenons pour exemple le cas du GERLHIS (Paris III), sachant que les problèmes qui sont signalés ne sont pas spécifiques à cette unité.

Après la disparition de l’EA 3418, dont il était l’une des deux sous-composantes, le GERLHIS est devenu l’une des trois sous-composantes de la nouvelle EA 170 (« Langues romanes : acquisition, linguistique, didactique »). Dans l’Ecole Doctorale qui couvre l’ensemble du domaine hispanique à Paris III (l’ED 122 : « Europe latine – Amérique latine ») le poids de la linguistique hispanique est insignifiant. Il est tout aussi insignifiant dans la seule Ecole Doctorale de Paris III (cette université en compte 7) qui ait un caractère exclusivement linguistique, l’ED 268 « Langage et langues : description, théorisation, transmission ». Sont en effet rattachées à cette Ecole 6 EA et  3 UMR et le GERLHIS, comme il a été précisé ci-dessus, n’est que l’une des trois sous-composantes de l’une des 6 EA en question.

Quelles sont les relations internationales du GERLHIS ? L’UFR d’Etudes ibériques et latino-américaines de l’Université de Paris III a signé des conventions avec les universités de Madrid, Salamanque, Valladolid, Valence, Saragosse et Las Palmas de Gran Canaria. Ces conventions servent de cadre à des échanges d’étudiants dans le domaine général des langues et à des formations doctorales en co-tutelle. Une thèse en co-tutelle, dans le domaine de la linguistique hispanique, a été soutenue récemment. Dans le cadre d’une relation plus étroite, des enseignants de l’université de Las Palmas de Gran Canaria viennent donner des cours de linguistique hispanique à Paris III (à l’occasion de missions de courte durée) et des membres du GERLHIS vont donner des cours de linguistique hispanique à Las Palmas de Gran Canaria.

Les relations internationales sont une préoccupation importante des autres laboratoires. L’université de Paris 4 organise des cours commun avec KU Leuven (Belgique), deux semaines par an.

Les échanges ERASMUS SOCRATES sont un important vecteur, puisqu’ils permettent des visites et des cours de chercheurs impliqués dans les conventions. ERASMUS MUNDUS offre de nouvelles perspectives à cet égard.

Les revues périodiques permettent de publier les travaux des membres des laboratoires. Elles ont aussi pour mission d’accueillir les travaux de collègues extérieurs ou étrangers, ainsi que les actes des colloques. Nous citerons à nouveau les Cahiers d’Etudes médiévales Hispaniques (ENS LSH Lyon), Crisol (Paris X), Pandora (revue interdisciplinaires de Paris 8).

Beaucoup d’Universités disposent de Presses Universitaires, dont les services de diffusion sont devenus performants. C’est le cas des Presses de la Sorbonne Nouvelle, de celles de Rouen (Cahiers du CRIAR), des Presses de Rennes II, de celles de l’Université Paris-Sorbonne. Liste bien sûr non exhaustive !

Les membres du GERLHIS développent essentiellement leurs activités de recherche dans le domaine de la linguistique hispanique. Certains d’entre eux, minoritaires, ont cependant des activités dans le domaine de la littérature espagnole, voire c’est une exception dans le domaine de la littérature française.

A Perpignan, la linguistique hispanique est représentée par les travaux de Christian Lagarde, et accessoirement de Pierre-Luc Abranson. Par ailleurs, la linguistique est présente au sein de l’équipe d’université GELLANG (sémiotique, linguistique de corpus, langue de spécialité) qui réunit linguistique française et anglicistes.

A Pau, deux chercheurs travaillent sur la linguistique hispanique. L’un appartient au département de linguistique générale et avait créé une JE réunissant des chercheurs de langues vivantes (JE non-reconduite) : Francis Tollis. L’autre appartient à l’EA 1925  (Langues et Littératures Romanes, Etudes Basques, Espace Caraïbes) : Christian Boix. Un colloque en linguistique est organisé par l’EA 1925 tous les 2 ans. Le dernier date de mars 2005 (Argumentation, manipulation, persuasion) et les actes sont sous presse chez l’Harmattan.

Au niveau national, ont peut observer que des chercheurs se consacrent entièrement à la linguistique, d’autres se partagent entre deux disciplines. Néanmoins, même les plus monodisciplinaires sont amené à porter souvent leur attention sur le domaine des textes littéraires, qui leur offrent une bonne part de leur corpus de recherche. Cela est vrai en particulier des linguistes médiévistes, même si les chartes, documents notariés et non littéraires sont de mieux en mieux connus et étudiés.

Nombre de thèses de linguistique hispanique soutenues à Paris III durant les quatre dernières années (Gilles Luquet) : trois.

Nombre de thèses de linguistique hispaniques soutenues à Paris 10 depuis 2000 : cinq. La dérivation nominale (Pascal Treinsoutrot), Les verbes de modalité dans les textes médiévaux hispaniques (Marta López), Les pronoms relatifs (Mercedes Banegas Saorín), La langue de Santiago del Estero (Argentine) (Eric Courthès), Edition et étude du manuscrit 1877 de la Bibliothèque Universitaire de Salamanque (César García de Lucas).

Christian Lagarde a fait soutenir au cours de ces dernières années 3 HDR. Il dirige actuellement les travaux de six doctorants.

Christian Boix a fait soutenir 3 thèses à Dijon en 2002-2003. Il dirige actuellement 3 thèses en linguistique hispanique à Pau.

A Brest, Philippe Cahuzac dirige cinq thèses en linguistique hispanique.

A Paris 4, Marie-France Delport a fait soutenir 4 thèses en 2004-2005, et une HDR.

Marie Miranda a fait soutenir en 2003 une thèse de lexicographie, ainsi qu’une HDR en Sciences du langage en 2005, dont une partie sur le Diálogo de la lengua de Juan de Valdés.

Elle dirige une thèse en sociolinguistique sur les interférences du catalan et du castillan (Baix Ebre).

La consultation des statistiques, ainsi que les récents concours de recrutement de MCF, montre que de nombreuses thèses ont été soutenues en linguistique hispanique.

Les différents laboratoires travaillent sur des domaines variés. Néanmoins, il est toujours bon de signaler le travail pionnier de Maurice Molho et de Bernard Pottier dans notre discipline. Leur activité a fait que pour beaucoup d’entre nous, un ordre génétique pensée (concept), langue et discours reste une donnée fondamentale et que la notion du temps opératif de Gustave Guillaume reste un principe fondateur. Il faut du temps pour produire un acte de langage et au cours de celui-ci sont décrites de multiples opérations.

Une attention constante est portée sur le signifiant, son statut (langue ?, discours ?), sur son évolution, sur la pertinence de sa formation, puisque Maurice Molho nous a montré que le signifiant (grammatical en particulier) est l’objet ou la cible d’un constant bricolage, au long duquel le sujet parlant cherche à restituer au mieux par le signifiant des mots qu’il prononce, le mouvement de sa propre pensée et les analogies qu’il ne cesse d’opérer à l’intérieur de ces paradigmes. Cette réflexion sur le signifiant est notamment menée par Gilles Luquet et les chercheurs de Paris 3, par Marie-France Delport, Jean-Claude Chevalier et Bernard Darbord.

Ce mode de pensée, fécond, n’est pas seul, ni même hégémonique. Si la grammaire générative a peu attiré nos chercheurs, en revanche nombre d’entre eux ont étudié, dans le sillage d’Oswald Ducrot et d’autres linguistes la langue à partir de la situation dans laquelle s’établit un acte de langage. Des travaux excellents portent sur les connecteurs et autres éléments de pragmatique et argumentation. Ils ont pour auteurs Jean-Claude Anscombre, Christian Boix, Marie-Pierre Lavaud, Hélène Fretel, Béatrice Salazar, Dolores Ligatto, Sonia Fournet, pour ne citer que les principaux.

Une autre branche mérite d’être signalée : celle de la lexicographie (réflexion sur les dictionnaires et lexiques) et sur la grammaticographie (réflexion sur les grammaires). Les deux domaines étant proches, puisque les grammaires traditionnelles comportent d’impressionnants corpus d’exemples et de mots. On citera en particulier les travaux d’Ariane Desportes (Paris 13), de Marie-Hélène Maux Piovano.

A Brest, Philippe Cahuzac est un spécialiste de lexicologie, lexicographie et langues de contact.

Parmi les avis reçus, il faut mettre en évidence celui de Christian Lagarde, qui observe et déplore une trop forte réduction des activités à un domaine. Voici son point de vue : La formation actuelle est très déficiente et mono-orientée : l’alfa et l’oméga des études de linguistique hispanique est l’épreuve de linguistique à l’oral de l’agrégation. Une fois l’une ou l’autre disparues, que restera-t-il ? L’orientation diachroniste et guillaumienne est semble-t-il la seule qui vaille. Une réelle ouverture au champ des sciences du langage ne se révélerait-elle pas nécessaire et aussi plus attractive ?

Pour sa part, Christian Lagarde a pour axes de recherche la sociolinguistique, la glottopolitique, les études socio-littéraires, la didactique des langues.

Un autre trait important résulte de nos formations d’hispanistes et de linguistes : le goût du comparatisme, des traductions, translation, imitation entre les langues et les cultures. L’activité de Marie-France Delport est ainsi tournée vers la traductologie. Nombre de catalanistes, italianistes, lusistes collaborent à ses travaux.

A Paris 10 Nanterre, un axe de recherche du PPF Langue porte sur Traduction, traductologie et terminologie. Bernard Darbord participe au directoire d’un groupe de travail sur les Formes brèves médiévales (domaine roman) où, dans une perspective littéraire et linguistique, les multiples échanges culturels sont étudiés.

Les axes de recherches proposés par Marie-France Delport dans son équipe d’accueil sont : Variations diachroniques des structures syntaxiques et discursives : 1/ Morphosyntaxe historique, 2/Représentation du dit (discours indirect - discours rapporté), 3/ Histoire des théories syntaxiques.

Les groupes universitaires bénéficient de dotations, en fonction de leur activité, du nombre de thèses soutenues, de leur rayonnement à l’intérieur de leur université. Ils bénéficient de moyens propres, procédant essentiellement de la vente de leurs ouvrages (revues, actes de colloques, etc.). Lorsque l’activité est suffisamment connue, ces moyens propres constituent un apport non négligeable, qui permet souvent de financer tout ou partie des missions, en particulier les déplacements des jeunes chercheurs. Cette situation est celle de l’EA Etudes Romanes, dirigée à Paris 10 par Thomas Gomez. Il va de soi que les actions spécifiques importantes (colloques et tables rondes, publication de thèse, document original d’une HDR) doivent faire l’objet d’une aide spécifique de l’université.

D’une manière générale, les EA participent aux financement de colloque, de jury de thèses et d’HDR, de missions diverses.

A Brest, Philippe Cahuzac précise que son EA finance les missions, avec l’aide du BQR, et également des conseils (général ou régional).

Les linguistes hispanistes ont décidé en 1998 (Colloque de Nantes) de constituer une association, dont les statuts ont été publiés au Journal Officiel le 15 novembre 1999. L’association, appelée LIBERO, veut « promouvoir les échanges entre chercheurs spécialistes en linguistique ibéro-romane et domaines voisins, notamment au moyen de colloques et de publications. »

En réalité, les linguistes hispanistes avaient déjà auparavant l’habitude de se réunir en colloque tous les deux ans, à l’initiative de Jack Schmidely qui avait organisé en 1985 la première rencontre à Rouen. Au total dix colloques se sont réunis : Rouen, Brest, Grenoble, Limoges, Aix, Toulouse, Paris 3, Nantes, Lille, jusqu’à celui de Perpignan en 2002. Toutes les références se trouvent sur le site (www.mshs.univ-poitiers.fr/libero/libero.htm), qui publie en outre des bibliographies, ainsi que des articles en ligne. La lecture des dix volumes d’actes, à elle seule, donne une idée de la diversité des champs parcourus : histoire de la langue, réflexion sur les parties du discours, socio-linguistique, etc. Ce site, établi à La Maison des Sciences de l’Homme et de la Société de Poitiers, est réalisé et tenu par René Pellen.

L’association regroupe aujourd’hui aux environs de 70 chercheurs. Le bureau est actuellement constitué par Bernard Darbord, Gabrielle Le Tallec, Marie-Pierre Lavaud (trésorière) et René Pellen, chargé du site.

Le colloque de 2004, prévu à Toulouse, n’a pu avoir lieu. Le prochain est prévu les 5 et 6 octobre 2006 à Paris 13 (organisateurs : Ariane Desporte et Gilbert Fabre).

Elle est essentiellement produite à l’intérieur de l’équipe d’accueil 1570 (Centre de Recherches en linguistique, littératures et civilisations romanes de l’université Paris 8), sous la conduite de Maria Helena Araújo Carreira. La perspective est la comparaison entre les langues romanes (français, portugais, espagnol, italien et roumain) : Approches comparatives des langues romanes. Discours, lexique, grammaire. Synchronie et diachronie. Qu’il nous soit permis de développer l’activité de ce centre, au moment où les lusistes présents à Poitiers ont clairement affirmé leur appartenance à la SHF. Six ou sept séminaires de recherches sont organisés par an. Une journée de colloque est également organisée (au moins tous les deux ans).

L’université Paris 8 a des salles dédiées à la recherche, ainsi qu’une salle (D311), pour les cinq centres. Les doctorants sont presque tous en co-tutelle avec des universités portugaises ou roumaines. Les travaux présentés lors des Journées d’étude font l’objet d’une publication par l’Université Paris 8. Cinq numéros de Travaux et documents ont paru et un sixième est sous presse : sous la direction de Maria Helena Araujo Carreira : n°4 - 1999 Faits et effets linguistiques dans la presse actuelle (Espagne, France, Italie, Portugal) ; n°11 – 2001 Les langues romanes en dialogue ; n°16 – 2002 Plus ou moins !? L’atténuation et l’intensification dans les langues romanes ; n°27 – 2005 Des universaux aux faits de langue et de discours – langues romanes. Hommage à Bernard Pottier ; sous presse (2006) Venez, venez ! De la suggestion à l’injonction dans les langues romanes.

Depuis 2001, quatre thèses ont été soutenues sous la direction de Maria Helena Araújo Carreira :

  • Thèse soutenue le 8 juin 2001 à l’université Paris 8. Mohamed BENDIHA.
    Première inscription en thèse à l’université Paris 8 en 1998/1999. DEA en Sciences de l’éducation à l’université Paris 5. Enseignant à l’université de Aveiro (Portugal).Décédé en 2002.
    Titre : Les mots portugais dérivés de l’arabe : contribution à l’étude des emprunts lexicaux, morphemiques et structuraux et de l’onomastique arabe au Portugal. Mention très honorable avec félicitations.

  • Thèse soutenue le 1 décembre 2003 à l’université Paris 8. Mariane EGGERT épouse DE FIGUEIREDO Première inscription en thèse à l’université Paris 8 en 2000/2001. La doctorante avait fait une première inscription en thèse en 1999/2000 à l’université Lyon 2. DEA en Portugais à l’université Lyon 2.
    Titre : L’actualisation des parémies dans le discours médiatique brésilien : approche sémantico-pragmatique des formes sentencieuses. Mention : Très honorable avec félicitations. (thèse publiée en 2005 par les Presses universitaires du septentrion, Lille).

  • Thèse soutenue le 19 novembre 2004 à l’université Paris 8. Silvia AMORIN.
    Première inscription en thèse à l’université Paris 8 en 2000/2001. DEA en Etudes portugaises, brésiliennes et de l’Afrique lusophone à l’université Paris 8.
    Titre : L’art d’écrire la critique : approche de l’œuvre romanesque de José Saramago. Mention : Très honorable avec félicitations (à l’unanimité). La thèse sera publiée en 2006 ou 2007 par l’Harmattan (collection Classiques pour demain)

  • Thèse soutenue le 6 juillet 2005 à l’université Paris 8. Lúcia Maria de ASSUNCÃO BARBOSA
    Première inscription en thèse à l’université Paris 8 en 2000/2001. DEA en Etudes portugaises, brésiliennes et de l’Afrique lusophone à l’université Paris 8.
    Titre : Opacité et transparence lexico-culturelle dans l’apprentissage du portugais langue étrangère au Brésil : Les paroles de chansons, instruments de médiation linguistique et culturelle. Mention : Très honorable avec félicitations

Nous avons pris en compte les observations de nos collègues. Les expériences sont diverses et chaque linguiste se trouve dans une position spécifique. Les uns sont à l’aise dans leur laboratoire, d’autres se trouvent isolés. Il n’est pas douteux que la linguistique est une science à elle seule, mais qu’elle peut apporter beaucoup aux chercheurs des autres domaines, d’où les nombreux axes pluridisciplinaires constatés.  Il est certain que le contact des textes réunit obligatoirement les linguistes et les littéraires. L’actuel renouveau de la philologie  de la critique textuelle, rendu indispensable par le développement d’internet et des nouvelles technologies est un phénomène qui doit intéresser non seulement les linguistes, mais aussi l’ensemble des hispanistes français.

Le rapport fait par Christian Boix et Bernard Darbord a pu se fonder sur un nombre non négligeable de réponses (14), si bien que les différents aspects institutionnels de la recherche ont été exposés. Les chercheurs en linguistique hispanique sont naturellement portés sur la transversalité. Ils sont enjoints par les autorités ministérielles à effectuer des regroupements avec d’autres entités, d’autres disciplines. Ils sont parfois écartelés entre linguistique et hispanisme, dès lors que des spécialistes des Sciences du langage les appellent à intégrer leur laboratoire. Parmi les réponses, figure celle des linguistes lusistes de Paris 8 (EA1570-Etudes romanes).

L’évolution de chacun est souvent dictée par la politique de son département et par la nature des nouveaux masters mis en place. Il existe en effet une adéquation logique entre équipe d’accueil et master de recherche.

Comme on pouvait s’y attendre, l’élargissement des spécialités a orienté nos collègues vers 1/les langues romanes, 2/ vers les sciences du langage. L’axe de recherche est alors assez précis : lexicologie (linguistique de corpus), énonciation, sémiotique et pragmatique, analyse de discours.

Il est louable de participer à des projets suscités par les spécialistes d’autres disciplines : historiens, juristes, comparatistes. Il faut se garder cependant de s’éparpiller dans des domaines extérieurs, au risque de devenir un simple prestataire au service d’autres disciplines. Nous devons afficher notre qualité de linguistes hispanistes et privilégier autant que faire se peut l’intégration dans des équipes d’accueil hispaniques, ou de langues et linguistique en second lieu.

Chaque fois que cela est possible, c’est une logique transdisciplinaire sur site qui est effectuée. Dans d’autres cas, s’établit un réseau regroupant plusieurs universités, ce qui entraîne des déplacements des enseignants et des étudiants.

Quelle que soit la situation de chacun, il est recommandé que le laboratoire d’appartenance apparaisse visiblement dans toutes les publications, en mettant ainsi en valeur notre spécificité de linguiste et d’hispaniste.

Les linguistes hispanistes n’affichent pas une trop grande uniformité scientifique, même si l’influence de deux maîtres fondateurs donne une certaine cohérence aux travaux. Aujourd’hui, néanmoins, d’excellents travaux en pragmatique, en socio-linguistique, en linguistique fonctionnelle, en phraséologie, démontrent la variété des approches, bien mises en valeur par les travaux publiés dans les actes des colloques de linguistique hispanique, organisés tous les deux ans et soutenus par l’association LIBERO, dont le site est tenu par René Pellen, à la MSHS de Poitiers.

Un bilan des thèses de linguistique a été fait. Aujourd’hui, la linguistique hispanique est présente dans la plupart des universités françaises.

Bien souvent, à l’intérieur d’Equipes d’Accueil pluridisciplinaires (type Etudes Romanes, Etudes Hispaniques…), la linguistique est un axe de recherche. Des colloques sont réunis, des missions sont effectuées. Néanmoins, beaucoup de responsables se sont plaints de la modicité des moyens qui leur sont allouées. Une autre doléance concerne l’immobilier : le responsable d’une équipe d’accueil dispose souvent au mieux d’un bureau. Les salles de recherche tendent à devenir de simples salles de cours. Il est vrai que le LMD a engendré de nouveaux besoins, mais il est préoccupant de constater qu’au sein de la bivalence universitaire enseignement-recherche, la seconde est trop fréquemment sacrifiée sur l’autel de la première.

  • Christian Boix

    Université de Pau et des Pays de l’Adour.

  • Bernard Darbord

    Université Paris X Nanterre.

Pour citer cet article :  Boix Christian et Darbord Bernard (2006). "La recherche en linguistique hispanique (espagnol, portugais, catalan, galicien, basque)".  Actes des journées d'études de la Société des Hispanistes Français, Poitiers, 12 et 13 mai 2006.

En ligne : http://edel.univ-poitiers.fr/shf/document147.php

 
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