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Les centres de recherche sur l’Amérique latine contemporaine

Par Milagros Ezquerro et Michel Lafon

Publié en ligne le 28 septembre 2006

Réponses : Antilles-Guyane, Bordeaux 3, Caen, Cergy-Pontoise, Chambéry, Grenoble 3, Lille 3, Lyon 2, Nancy 2, Paris 4, Paris 8, Perpignan, Poitiers, Tours.

A part une composante d’UMR (Poitiers, affiliée à l’ITEM), tout s’inscrit dans le cadre d’Equipes d’Accueil, sous toutes les configurations possibles :

  • (il n’y a pas d’E.A. strictement latino-américaniste) ;

  • E.A. hispaniques : Tours (mi-Espagne, mi-A.L.) ; Bordeaux (idem : 2 centres/4) ; Paris 4 ; Perpignan (A.L. dominante) ; Paris 8 ;

  • E.A. langues romanes : Caen ;

  • E.A. plurilingues, au-delà des langues romanes : Antilles-Guyane ; Lyon 2 ; Grenoble 3 ; Cergy-Pontoise ; Chambéry ; Lille 3 : dans de tels cas, l’Amérique latine est généralement une simple « sous-composante » d’une composante hispanique, voire d’une composante non hispanique.

Cette dernière configuration (la plus hétérogène et sans doute la plus complexe) correspond généralement au regroupement des recherches d’une UFR de langues, regroupement souvent impulsé par l’université, ou par le ministère ; d’où une ambiguïté : d’un côté, le ministère demande aux équipes de langues de se regrouper, d’un autre côté il semble parfois sensible à la visibilité des équipes de langues qui ont refusé de jouer le jeu du regroupement ; de même que le ministère comptabilise avant tout les recherches pointues (spécialisées), mais apprécie aussi les recherches transversales, multilingues, censées donner une réalité tangible au regroupement (parfois un peu artificiel) qu’il a suscité. Il est souhaitable que les évaluations d’équipes plurilingues, lors des négociations de contrats quadriennaux, ne se contentent pas de donner une « note » à l’équipe fédérative, mais entrent dans le détail des composantes, voire des sous-composantes.

Autre problème : ces regroupements imposent souvent à la recherche une contrainte « administrative » pour le choix de ses objets : une limitation à l’Europe (Espagne – Allemagne - Grande-Bretagne - Pays slaves – Italie - Grèce…), un accent mis sur les regards croisés, les transferts culturels, les images réciproques, les frontières (avec éventuellement une extension aux « relations entre continents »). Pour les « littéraires », des solutions judicieuses sont parfois trouvées dans des choix plus théoriques, concernant des formes, des genres, des pratiques (l’essai, la forme brève, l’écriture féminine, la censure…), voire des champs multilingues (traduction, comparatisme…); il semble parfois plus intéressant d’aller voir du côté de l’UFR de Lettres (recherches en littérature française ou en littératures comparées) que du côté d’autres composantes de langues, dont les objets scientifiques peuvent être très éloignés des nôtres… Comment concilier ces recherches contraintes et très larges avec les recherches spécifiques sur l’Amérique latine ou sur tel pays d’Amérique latine ? Et comment, au départ, convaincre toutes les instances universitaires concernées d’élargir systématiquement les recherches en « langues européennes » à l’Amérique latine ? Et comment – plusieurs collèges y insistent –, au moment de la répartition des Allocations de Recherche, défendre le domaine latino-américaniste, dans un contexte dominant de « langues européennes » ?

Cela dit, on constate que dans le cas d’E.A. hispaniques, ou même plurilingues, la composante A.L. est souvent la plus dynamique, en matière de séminaires, de publications, de relations internationales, d’encadrement doctoral. Sur ce dernier point : à Grenoble 3, par exemple, dans une E.A. plurilingue à 5 composantes, les thèses soutenues sur le Rio de la Plata représentent à elles seules les 2/3 des thèses de toute l’équipe, et font de cette littérature la plus productive en thèses de toute l’université, après la littérature française. Globalement, dans plusieurs équipes hispaniques ou multilingues, les thèses sur l’Amérique latine sont majoritaires, notamment par rapport aux thèses sur l’Espagne.

Le sentiment général est celui d’une grande richesse des recherches latino-américanistes, d’un indéniable foisonnement scientifique, d’une belle productivité, tant en termes de travaux qu’en termes de formation des jeunes chercheurs.

Spécialisation : des recherches latino-américanistes généralistes (Tours, Lyon 2, Poitiers, Caen, Paris 4, Bordeaux 3, Cergy-Pontoise), mais aussi des recherches spécialisées (parfois au sein d’une composante hispano-américaniste généraliste), liées à une tradition, à la géographie, à des personnalités locales, à des recrutements fléchés : le Mexique à Perpignan, le Rio de la Plata à Paris 8, à Lille, à Tours et à Grenoble, les Caraïbes et l’Amérique centrale à Pointe-à-Pitre, à Bordeaux, à Tours, à Chambéry  et à Cergy-Pontoise, la Colombie à Bordeaux, etc. De plus en plus de dispositifs scientifiques inter-sites, sur des thématiques ou des aires spécifiques : Tours-Toulouse (sur la censure), Paris 8-Grenoble 3- ENS LSH-Lorient-Rennes 2-Paris 4 (sur les littératures du Rio de la Plata), etc.

Difficile de synthétiser les conditions matérielles dans lesquelles vivent les laboratoires, on observe de grandes disparités (y compris dans les dotations financières), mais globalement le sentiment d’une certaine pauvreté : les équipes ont rarement un secrétariat spécifique, une bibliothèque spécialisée, un lieu affecté (de type « laboratoire »)… Seule belle exception : le Centre d’Etudes et de Recherches Caribéennes des Antilles et de Guyane, qui semble avoir tout l’espace qu’il peut souhaiter ! Et à un degré moindre, le CRLA-Archivos, logé à la MSHS de Poitiers. Beaucoup d’initiatives (publications collectives, colloques, invitations…) continuent de reposer sur les bonnes volontés individuelles, sans véritable soutien administratif institutionnel. Il arrive que l’organisation soit prise en charge par le Service de la Recherche de l’université, mais cela peut poser de gros problèmes de coordination interne.

A priori, ce point devrait être nettement plus problématique pour les latino-américanistes que pour les hispanistes, pour des raisons évidentes d’éloignement géographique ; les ateliers de Poitiers ont permis de nuancer cette vision des choses, en montrant que les hispanistes rencontrent souvent autant de problèmes que les latino-américanistes. Il n’en est pas moins vrai que certaines équipes sur l’A.L. n’ont aucune relation formalisée avec l’Amérique latine. Beaucoup semblent avoir opté pour des solutions légères, en raison de la difficulté du montage d’une convention-cadre entre  universités, ou même de la mise en place d’un doctorat en cotutelle ; ces solutions légères, souples, ciblées et peu nombreuses, qui privilégient le qualitatif sur le quantitatif, paraissent parfaitement adaptées  pour l’échange de collègues et pour l’organisation d’événements scientifiques de toute sorte (publications croisées, missions, colloques…). Mais sans convention-cadre officielle, impossible, par exemple, d’envoyer des étudiants ou des doctorants pour six mois ou un an dans une université d’A.L., comme arrivent toutefois à le faire plusieurs équipes (y compris une composante aussi petite que celle de Chambéry). Or, pour un jeune chercheur qui entreprend de se spécialiser sur l’A.L., un long séjour est vital, et un encadrement institutionnel doit donc être recherché à tout prix.

Autre point évoqué : tous les problèmes matériels liés à l’invitation d’écrivains, d’universitaires, etc. venant de l’étranger, et notamment de pays « à économie fragile » (dont les ressortissants ne peuvent acheter eux-mêmes leur billet d’avion, par exemple) : le paiement de leur voyage, la régularisation de leur situation (en cas de séjour long), le versement d’une indemnité ou d’un salaire, le logement, etc., tout cela constitue une véritable course d’obstacles, d’autant plus dissuasive qu’elle repose souvent sur les bonnes volontés des enseignants-chercheurs concernés, au lieu de relever – comme ce devrait partout être le cas – d’un service universitaire clairement identifié, qui aurait mission de centraliser et de suivre tous ces dossiers. Pour ne parler que du logement, très peu d’universités ont une résidence ad hoc. On attend encore, un peu partout, des « maisons de l’international »…

Depuis quelques années, des réseaux informels se mettent en place (notamment pour le Rio de la Plata), afin d’organiser des « tournées » d’universitaires ou d’écrivains étrangers dans plusieurs universités françaises, et même des « colloques voyageurs », étalés sur deux ou plusieurs universités : très positif !

A un plan plus institutionnel, il faut souligner les efforts remarquables de plusieurs équipes, sous la forme de conventions ou même de contrats ECOS (Tours, Paris 4), pour structurer officiellement leur recherche au plan international. Mais ces dossiers ne sont pas pérennes, il faut (comme pour les conventions) les renouveler régulièrement, en passant par des procédures très lourdes…

Autre structure internationale à saluer : le remarquable réseau « Héros de papier » de Lille 3, avec des universités d’Argentine et d’Uruguay, et des prolongements éditoriaux aux USA ! Cette université est aussi, apparemment, la seule à recevoir chaque année, depuis 2001, un PR latino-américain, sur un support « PR invité » réservé à cet usage.

On observe une grande uniformité qui laisse apparaître :

  • Dès la Licence, une parité entre Espagne et A.L., ainsi que, dans la plupart des cas (exception : Cergy), entre littérature et civilisation.

  • La présence en Master 1 et 2 de CM sur l’A.L. Il est rare, en revanche, qu’il existe un parcours A.L. (comme à Bordeaux), à cause de la fusion générale des anciens DEA dans des Masters bien plus larges et pluridisciplinaires.

  • Doctorat : la présence de l’A.L. est fonction des directeurs de recherche. Vu le nombre et la qualité globale des thèses soutenues sur l’A.L., on peut dire, ici encore, que les études latino-américanistes se portent bien.

  • Intégration des jeunes chercheurs : OUI unanime dès le Master. On mesure l’évolution énorme sur 20 ans. Ils ont la possibilité de proposer des contributions, de publier, de partir à l’étranger, d’être défrayés pour participation à des colloques. Depuis quelque temps, on voit apparaître des colloques réservés aux doctorants, sur l’exemple d’autres pays ou d’autres disciplines. Très positif, mais ombre au tableau : difficulté d’obtenir des allocations de recherche, peu nombreuses et à répartir à l’intérieur de l’ED.

  • Les liens avec l’ED sont souvent réduits au financement et à quelques journées transversales, voire à une « semaine de l’ED ». Mais ED et Conseils Scientifiques se saisissent de plus en plus souvent de l’organisation et du financement des colloques réservés aux doctorants, évoqués supra : c’est, on le répète, une nouveauté très fructueuse.

L’importance de l’université (donc le nombre de directeurs de recherches et d’enseignants-chercheurs latino-américanistes) et la pluridisciplinarité des nouvelles équipes regroupées (politique du ministère) font la différence. On peut estimer que les américanistes français publient bien. On observe un retard certain dans la diffusion par les nouvelles technologies (question de génération ?)

  • Les revues sont toutes Espagne/A.L., voire pluridisciplinaires : Textures (Lyon), Tigre et Les Cahiers de l’ILCEA (Grenoble), Marges et Les Cahiers du CRILAUP (Perpignan), Espace Caraïbe-Amériques (Antilles). Il s’agit de revues « papier » ; pas encore de revues électroniques, qui constitueront à l’évidence un enjeu majeur dans les prochaines années.

  • Collections : Les cahiers de l’ERSAL (Bordeaux, où se trouve aussi le CADIST, centre de documentation sur l’A.L. très important), Les Cahiers du CICC (Cergy), Monde caribéen et Jean Copans (Antilles, accord Karthala/CERC), Les Ateliers du SAL et Estudios y Ensayos (Paris 4, la 1ère chez Indigo et côté-femmes, la 2ème franco-mexicaine), Liminaires-LEIA (Caen, Peter Lang, Berne), Études hispaniques (Tours).

  • Mention particulière pour le CRLA (Poitiers), qui a publié 8 volumes d’actes depuis 2000 (plus 3 sous presse) et, dans la magnifique collection CRLA Archivos, 18 volumes en 2000-2004 (12 sont prévus pour 2006-2008) ! Il s’agit, de toute évidence, du plus beau fleuron de l’édition latino-américaniste en France !

  • Quelques équipes ont un site où les informations scientifiques (voire les travaux) sont mises en ligne (le plus souvent à l’intérieur du site de l’université) : Caen, Cergy-Pontoise (site privé), Chambéry, Paris 4, Poitiers, Perpignan, Tours ; mais globalement, pour beaucoup de centres, cette mise en ligne reste un objectif clé pour les prochaines années. (Des informations sont également diffusées par des associations de spécialistes, comme le Celcirp pour le Rio de la Plata). Paris 4 possède en outre, depuis fin 2003, un réseau propre de diffusion des informations scientifiques par internet, le REDAL, qui compte quelque 400 membres en Europe et en A.L. Le site du SAL, sur lequel on peut aussi consulter « la lettre du REDAL » (38 en 2 ans et demi), est très visité, et les chercheurs du monde entier peuvent contacter tous les membres grâce aux liens qui donnent accès à toutes les informations que ceux-ci veulent bien y mettre (publications, domaines de recherche). Prochainement, à l’initiative d’une étudiante de Master 2, va être ouvert un « blog » qui permettra des échanges interactifs et qui donnera des illustrations (textes et images) de toutes les manifestations organisées ou co-organisées par le SAL.

Cette rubrique a souvent été peu ou pas renseignée, sans doute à cause de la connotation souvent péjorative du terme. Néanmoins les réponses sont intéressantes et l’on peut constater une implication de certains centres dans ce qu’on peut appeler « la vie de la cité ». Les centres latino-américanistes prennent souvent une part importante dans cette diffusion des résultats de la recherche vers le grand public (c’est une question clé pour les années à venir, qui nous sera de plus en plus souvent posée par la société - on apprend avec grand intérêt que ce pourrait être le thème de la journée d’études de la SHF en 2008). Ils ont ainsi à cœur de promouvoir, par des invitations et des publications, les écrivains latino-américains contemporains.

  • Participation des membres d’équipes à des revues ou à des manifestations culturelles grand public : les Belles Latines à Lyon, conférences d’écrivains, résidences d’auteurs, émissions de radio (France-Culture, etc.), semaines latino-américaines ou sur tel pays d’A.L., organisation de présentations de livres ou d’hommages à des écrivains à la Maison de l’Amérique latine à Paris, collaborations avec des librairies, des lycées, des ambassades ou des Instituts Cervantès, conférences et expositions aux Antilles, etc.

  • Publications : les traductions sont un moyen privilégié de diffuser notamment les œuvres d’écrivains contemporains en France. On trouve parmi les hispano-américanistes français des traducteurs très actifs : Claude Couffon, Albert Bensoussan, Claude Fell, Jean-Marie Saint-Lu, Michel Lafon, pour ne citer que les plus connus.

  • Ne pas oublier non plus l’édition de textes importants, d’œuvres complètes, d’anthologies, de dictionnaires spécialisés, d’histoires de la littérature, de biographies, de correspondances, d’essais, etc., chez de grands éditeurs du commerce, français, espagnols ou hispano-américains : c’est sans doute, avec la traduction, la façon la plus efficace, pour les chercheurs américanistes, de sortir d’une recherche strictement « universitaire » et de « nourrir » le grand public, de contribuer au débat culturel.

Nous pouvons observer dans les réponses une unanimité à propos des sujets proposés aux concours : c’est précisément le lieu pour interpeller la SHF dans son ensemble. Des observations utiles aussi sur les recrutements.

  • « L’Amérique reste le parent pauvre » dans les programmes des concours. On demande la parité Espagne / A.L. (comme c’est le cas dans les cursus). On souligne le scandale du programme du CAPES 2007 où 1 seule question sur 4 est contemporaine et où ne sont présentes ni la littérature espagnole ni la littérature hispano-américaine contemporaines (malgré les directives ministérielles). Par ailleurs certains souhaitent que les questions à proposer soient débattues collectivement, comme cela avait été le cas il y a 2 ans à l’initiative du SAL (sans succès) : nous proposons que cette initiative soit reconduite en 2007, et souhaitons qu’elle soit suivie d’effet. On évoque aussi les contraintes que suppose le marché éditorial espagnol pour les textes.

  • Le recrutement des américanistes est devenue une question sensible : le déséquilibre entre collègues spécialistes de l’Espagne et collègues spécialistes de l’A.L. est partout flagrant, et les candidats A.L. sont défavorisés par le petit nombre de postes fléchés A.L. (cercle vicieux : moins l’AL est présente dans les sujets de concours, moins les recrutements AL apparaissent comme utiles). Or, c’est dans ce domaine que le plus grand nombre de thèses est soutenu, depuis déjà quelques années, et ce sont souvent des thèses de grande qualité. Résultat : beaucoup de bons candidats n’obtiennent plus de poste de MCF. Remarque d’une collègue : « des préjugés traditionnels » poussent les commissions à être souvent plus favorables aux candidats formés, partiellement ou non, en Espagne, qu’aux candidats formés, partiellement ou non, en AL. (et pourtant, les exigences universitaires ne sont pas moindres en AL qu’en Espagne) Si on observe les postes publiés récemment on constate qu’une majorité de postes de MCF est « non fléchée » quant à l’aire (« espagnol », « LEA »), ce qui laisse les commissions de spécialistes libres de choisir les candidats sans tenir compte des spécialités d’aires : or, le non-fléchage est souvent compris comme un fléchage « Espagne » (au point que, dans plusieurs universités, sur les postes LEA, les candidatures de latino-américanistes sont systématiquement écartées), ce qui ne fait qu’augmenter les déséquilibres de départ. Pour information : cette année, sur 19 postes PR : 6 non fléchés ; 9 Espagne ; 4 A.L. Sur 37 postes de MC : 23 non fléchés ; 8 Espagne : 6 A.L. Il y a matière à réflexion sur la politique de publication des postes.

  • Milagros Ezquerro

    Professeur à l’Université de Paris 4 Sorbonne.

  • Michel Lafon

    Professeur à l’Université Stendhal Grenoble 3.

Pour citer cet article :  Ezquerro Milagros et Lafon Michel (2006). "Les centres de recherche sur l’Amérique latine contemporaine".  Actes des journées d'études de la Société des Hispanistes Français, Poitiers, 12 et 13 mai 2006.

En ligne : http://edel.univ-poitiers.fr/shf/document115.php (consulté le 22/09/2017).

 
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